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1929: quels enseignements pour 2008?

Au début de la crise des subprimes, constatant que la crise financière s’étendait à la sphère économique réelle, de nombreux économistes se sont interrogés quant à l’envergure de la crise qui venait. Pour ce faire, bon nombre de comparaisons avec des crises passées ont été publiées, induisant notamment dans les esprits la crainte d’une nouvelle crise du type de 1929, accompagnée de la récession dont les anciens Américains ont encore le souvenir. Ce sera pour nous l’occasion de revenir sur ces grands événements de l’histoire économique qui ont marqué à jamais les comportements des gouvernements et leurs politiques économiques.

Pour commencer, tout comme la crise que nous connaissons actuellement, il s’agit d’une crise financière, qui s’est déclenchée en premier lieu aux Etats-Unis lors du très fameux jeudi noir (24 octobre 1929) et qui dégénère en crise économique. Les courbes reconstituées depuis indiquaient une forte chute de la production industrielle. Par exemple, en 1933, la production atteignait une quantité de 53 en Allemagne ou aux Etats-Unis ; contre 100 en 1929 avant la crise. Les socialistes analysent les crises comme “crise du profit”, terme qui apparaissait encore dans le projet socialiste. Rien de bien neuf puisque tous les économistes s’accordent sur ce type de crise ; il s’agit de la crise dont parlait déjà Ricardo: l’exploitant voyant son profit réduit tandis qu’augmentent les salaires et la rente du propriétaire terrien. Là encore, 2008 peut être vu ainsi étant donné que les produits dérivés déclencheurs de la crise étaient une source nouvelle de profits importants.

En dépit de ces apparentes similitudes, de profondes distinctions sont à noter. Pour commencer, aujourd’hui, les Etats Européens sont unis. Un facteur clef fondamental du déclenchement de la crise des années 30 est le déséquilibre financier mondial des apparemment prospères années des roaring 20’s. Ce déséquilibre vient surtout des paiements des réparations de guerre des Etats vaincus aux pays victorieux (notamment la problématique de la dette allemande à l’égard de la France), ainsi que le remboursement des prêts américains. Ces tensions de l’entre-guerre sont bien loin de la situation de l’Union Européenne contemporaine où l’on traite ensemble et où l’on consent à des sacrifices. Dans le déroulement même de la crise, des différences évidentes apparaissent. Le monde se scindait en d’innombrables blocs protectionnistes dans les années 30: chaque nation souhaitait protéger son industrie, les uns pour soutenir leur industrie renaissante, les autres pour se protéger de cette nouvelle concurrence. Quoiqu’il en soit, le G20 s’est résolument exprimé à l’encontre de tout protectionnisme. Ces décisions n’ont en rien amélioré la situation sinon l’ont empiré: des millions d’emplois sont détruits en quelques mois. Aujourd’hui, des mécanismes régulateurs existent: par exemple, les allocations chômage garantissent le maintien d’une consommation minimum dans un pays fortement touché par le chômage, réduisant ainsi la destruction du tissu économique national.

Cette crise de 2008, dit crise de la mondialisation, s’explique en partie par la concurrence forte des pays émergents qui font pression à la baisse sur les salaires. Dans ces conditions, on peut arriver à une conclusion simple: la crise de 2008 est peut-être en effet tout l’inverse de 1929.
 

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