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Après le Venezuela et le Texas, c’est au tour de la Suisse de vouloir rapatrier son or

Les Suisses vont devoir se préparer à voter, par référendum, comme c’est la tradition dans le pays, sur le rapatriement de l’or de la Banque Nationale Suisse (BNS) placé à l’étranger. En effet, l’Union Démocratique du Centre (UDC), considérée comme un parti d’extrême-droite, a recueilli suffisamment de signatures pour qu’ait lieu un vote sur le sujet.

Sous l’appellation “Il faut sauver l’or suisse”, l’UDC entend soumettre au vote populaire trois problématiques:

– interdire légalement la vente des réserves d’or suisse

– rapatrier l’or déposé à l’étranger

– porter à 20% contre 10% actuellement la part des actifs de la BNS placés en or

Du fait de la crise économique et financière, l’UDC craint que les réserves de la BNS placées dans des zones jugées sensibles, comme les Etats-Unis ou l’euroland, ne soient pas suffisamment en sécurité. Cette pression politique a contraint la BNS à ouvrir ses livres de compte et il apparait en fait que la majeure partie des réserves d’or placées à l’étranger le sont auprès de la Banque d’Angleterre et de la Banque du Canada, deux banques centrales de pays “sûrs”.

Cette initiative populaire ne devrait cependant pas être soumise au vote avant au moins trois ans ce qui promet certainement de longs débats.

La Suisse n’est cependant pas le premier pays depuis l’éclatement de la crise à soulever le problème de la sécurité de l’or placé à l’étranger. Le Venezuela a ainsi décidé en 2011 de rapatrier les 211.35 tonnes d’or stockées à l’étranger, principalement au Royaume-Uni, ce qui avait alors laissé très sceptique les milieux financiers. Plus récemment, un projet de loi au Texas a également abondé dans le même sens afin que l’or texan soit déplacé des coffres-forts de la Réserve Fédérale de New York à ceux d’une destination encore inconnue dans l’Etat.

Dans bien des cas, cette polémique soulevée au sujet de la sécurité de l’or à l’étranger répond à une rhétorique politique nationaliste qui capitalise sur le contexte de crise à des fins électoralistes. L’UDC est ainsi un parti réputé pour sa xénophobie tandis que le défunt président Hugo Chavez était connu pour son positionnement anti-occidental. De même, le projet de loi au Texas intervient alors que plusieurs initiatives populaires ont été récemment lancées afin de plaider en faveur de la sécession. Ces projets de rapatriement ont peu de chances d’aboutir et surtout sont en contraction avec la rationalité économique.
 

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