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Ce qu’il fallait retenir du Forum Economique Mondial de Davos

Les “grands” de ce monde se sont quittés samedi soir sur un constat global d’optimisme. Le Forum Economique Mondial de Davos, qui s’est tenu pendant quatre jours, dans la station de ski suisse, n’a pas remis en cause les fondements de notre économie et s’est même terminée sur une note plutôt positive. Tous les intervenants, ou presque, étaient d’accord pour souligner que le pire de la crise financière est derrière nous.

Quelques commentaires sont pourtant sortis du lot. Ainsi, Axel Weber, l’ancien chef de la banque centrale allemande, maintenant à la tête de la banque USB, a mis en garde contre cette enthousiasme ambiant qui est selon lui fragile. Un seul évènement, par exemple une surprise lors des élections générales en Allemagne cet automne, pourrait rappeler durement aux marchés que la crise est encore très loin d’être finie. Il a rappelé ainsi, pour étayer ses propos, que l’année 2012 avait aussi commencé sur une note positive, avec des solides résultats financiers, mais rapidement la crise a repris le dessus à cause de rumeurs concernant un possible grexit.

Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir afficher une certaine prudence. Christine Lagarde, qui est à la tête du Fonds Monétaire Internationale, a déclaré que la reprise est “fragile et timide“. D’ailleurs, l’organisation qu’elle dirige a récemment encore une fois revenu à la baisse ses perspectives de croissance mondiale pour l’année en cours.

Même son de cloche avec les Chinois qui occupent de plus en plus les allées du Forum. L’économiste Li Daokui a rappelé que le risque politique croit considérablement en ce début d’année, avec notamment l’enjeu des négociations sur le déficit américain entre républicains et démocrates à Washington, qui pourrait avoir un impact négatif sur le sentiment au risque.

Outre la peur d’une rechute brutale des marchés financiers, certains intervenants, minoritaires, ont mis en avant les risque de la politique monétaire très accommodante des banques centrales. Axel Weber, connu pour son orthodoxie monétaire, ne s’est pas gêné à tacler Mario Draghi qui a mis en place un dispositif exceptionnel pour contrer la crise dans la zone euro. Le risque est non seulement que les gouvernements évitent de prendre les décisions douloureuses pour restaurer sur le long terme la confiance mais également, comme l’ont pointé certains spécialistes des marchés émergents, on risque dans les mois ou années à venir de se diriger vers une “guerre des devises” très vivaces. L’Australie pourrait d’ailleurs être le prochain pays à entrer sur le champ de bataille pour protéger le dollar australien.

Malgré quelques voix discordantes, parfois pas des moindres, Davos n’a une nouvelle fois pas permis de révolutionner la façon dont les marchés fonctionnent et l’économie évolue. Le statu quo reste de mise pour les “grands” de ce monde qui semblent un peu trop compter sur l’action des banques centrales pour sauver la croissance.
 

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