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Chypre utilise l’argent des retraites pour payer les salaires des fonctionnaires

Chypre est à court d’argent ce qui a contraint le gouvernement à faire appel à des entreprises publiques afin de pouvoir payer les salaires des fonctionnaires pour la période des fêtes selon les propos tenus par un responsable du ministère des Finances au Parlement en début de semaine.

Trois entreprises devraient ainsi prêter environ 250 millions d’euros, somme prise directement sur les fonds de retraite, pour éviter un effondrement brutal des finances de l’Etat.

Bien que le défaut de paiement ne soit pas encore officiellement d’actualité, au sein de la classe politique chypriote, personne ne nie la possibilité d’une suspension des paiements dans les prochains jours.

Si le prêt demandé aux entreprises publiques aboutit, alors le pays devrait bénéficier d’assez d’argent pour payer les salaires des fonctionnaires jusqu’à la fin du mois de février, date à partir de laquelle Nicosis devrait bénéficier d’un premier versement de la part de la troïka dans le cadre d’un accord de renflouement du pays.

A défaut de prêt, le risque est que les agences de notation baisse la note souveraine de Chypre à “défaut sélectif”, ce qui aura évidemment un impact sur les entreprises du pays et notamment les banques.

Une grande partie de la classe politique s’est toutefois inquiétée que le gouvernement soit contraint de toucher aux retraites pour financer des dépenses actuelles. Plusieurs parlementaires ont ainsi exprimé la crainte que l’argent pris dans les caisses de retraite ne soit jamais reversé.

Parmi les entreprises qui vont puiser dans les fonds de retraite, l’Autorité des télécommunications qui devrait s’engager à verser environ 100 millions d’euros et l’Autorité portuaire avec de son côté 38 millions d’euros. Une autre entreprise publique devrait également contribuer à hauteur de 100 millions d’euros, a priori il s’agirait de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité.

Dans le courant de l’année prochaine, Chypre devrait bénéficier pour revitaliser son économie d’un prêt de 17.5 milliards d’euros, sachant que les trois principales banques commerciales du pays ont perdu pas moins de 4.5 milliards d’euros du fait de leur exposition à la dette grecque. Afin de sortir de l’ornière, Chypre a réussi à sécuriser un prêt à faible intérêt d’un montant de 2.5 milliards d’euros avec Moscou l’an dernier mais sa tentative d’en contracter un deuxième a depuis été un échec, forçant Nicosie à faire appel à la troïka et à ses méthodes. Pour faire simple, baisse des salaires et augmentation des taxes, malgré l’opposition du président.

Il n’est pas certain, à en juger par la cure ultra-libérale que subit la Grèce, que le remède qui va être appliqué à Chypre porte ses fruits.

Heureusement pour la zone euro, le risque systémique lié à l’île est quasiment nul. D’où le fait d’ailleurs que les turpitudes du pays ne fasse pas l’actualité, à l’inverse de la Grèce par exemple.

 

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