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Commentaire de marché: Alerte rouge pour la BCE

La croissance de la masse monétaire M3 continue son déclin dans la zone euro, avec un chiffre de 1.4% en octobre contre 2.1% en septembre, ce qui demeure toujours en-dessous de ce qui était prévu par le consensus des économistes. Cette baisse du crédit sonne l’alerte pour la BCE qui va peut-être être contrainte de prendre des mesures plus rapidement qu’anticipé.

Dans le détail, la croissance de M1 poursuit son déclin depuis cinq mois mais des signes de stabilisation sont apparents avec un chiffre qui est passé de 6.7% à 6.6%. Avec une telle évolution du crédit, la croissance dans les prochains mois dans l’Union Monétaire devrait rester atone et confirmer son ralentissement par rapport à des estimations précédentes. Malgré la récente annonce de baisser son taux de refinancement, la BCE fait toujours face à une économie moribonde.

Les données les plus fragiles viennent des pays du Sud de l’Europe, en particulier d’Espagne ou d’Italie où la transmission de la politique monétaire de la BCE se fait imparfaitement. Cependant, ce qui constitue probablement le plus important risque à venir pour la reprise européenne, on constate également un ralentissement de la croissance du crédit dans les pays core, la France et l’Allemagne en tête. A l’heure actuelle, en l’absence de davantage de statistiques, la détérioration constatée dans les prêts aux ménages et aux entreprises des deux côtés du Rhin ne devrait pas constituer une tendance durable. Nous maintenons un biais optimiste pour le coeur de la zone euro au début de l’année prochaine.

Toutefois, le profond différentiel des conditions d’accès au crédit entre ces deux pays et la zone Sud de l’Union pourrait retarder à moyen terme la reprise européenne. De fait, nous continuons de croire que la BCE va maintenir sa stratégie d’assouplissement et l’affermir au cours du premier semestre 2014. Ce qui devrait se traduire d’abord par une troisième opération de refinancement à très long terme pour aider la croissance de M3, mais également par la possibilité de taux négatifs, ce qui reste une option ouverte à en croire les derniers propos de membres de la BCE.

Les mauvais chiffres de la croissance de la masse monétaire constituent une clef de compréhension à moyen et long terme de l’évolution du taux de change de l’euro sur le forex. En considérant les difficultés économiques persistantes de la zone euro, qui contrastent avec le dynamisme américain, on peut envisager une poursuite de la baisse de l’euro au cours de l’année prochaine avec un objectif que nous avons énoncé à six mois à 1.30.
 

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