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Cours magistral de Dominique Strauss-Kahn sur l’économie mondiale à Séoul

Il n’est peut-être pas prophète dans son propre pays mais il a toujours l’oreille attentive des décideurs mondiaux. L’ange déchu de la politique française, Dominique Strauss-Kahn, a été invité à prononcer le discours d’ouverture d’une conférence sur l’économie mondiale organisée demain à Séoul par l’Institute for Global Economics et sponsorisée par le géant Hyundai.

Son sujet: le leadership économique. Il devrait ainsi en profiter pour revenir sur son expérience à la tête du Fonds Monétaire International (FMI) qui est significative en ce sens que l’organisation a dû, pendant son mandat, affronter la pire crise économique et financière mondiale depuis sa création.

Il devrait également distiller ses conseils pour surmonter une crise qui, on aurait tort de le croire, est encore loin d’être terminée. La hausse vertigineuse de la dette publique grecque, qui est passée de 2010 à 2014 de 120% du PIB à près de 174.5% selon les projections devrait donner raison à l’économiste. L’austérité aveugle en bas de cycle est une erreur, et la troïka aurait dû accepter d’effacer une partie significative de la dette hellénique. Inévitable à ses yeux comme il l’a maintes fois répété.

Les évènements récents donnent en quelque sorte raison à Dominique Strauss-Kahn qui a prôné lorsqu’il était à la tête du FMI, à rebours des positions européennes, en faveur d’une démarche pragmatique et qui laisse place à des méthodes innovatrices. Au final, ce sont les bonnes vieilles recettes qui se sont imposées, pour les plus chanceux la consolidation budgétaire, pour ceux qui l’étaient moins, une cure plus sévère, l’austérité. C’est justement cette dernière option qui a conduit des pays, comme la Grèce et l’Espagne, à voir leur dette exploser malgré des mesures de réduction du déficit sans précédent qui ont entraîné une crise sociale violente.

Reste maintenant à savoir si l’ancien homme providentiel du Parti Socialiste va oser s’aventurer sur le terrain glissant de la politique française depuis Séoul. Il a en tout cas certainement une opinion sévère à propos de la gestion économique du gouvernement qui peine à mettre en oeuvre l’ensemble des réformes structurelles qui s’imposent pour fluidifier le marché du travail et renouer avec une compétitivité qui n’a cessé de se dégrader depuis dix ans. Par le passé, il s’est montré mesuré dans ses critiques, formulées comme des conseils, mais avec un chômage qui peine à refluer et une croissance atone, il pourrait décider de donner quelques leçons de leadership économique à ses anciens camarades.
 

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