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Décalage entre la BCE et les banques centrales

En début de semaine, les traders ont eu furtivement l’espoir que la Banque Centrale Européenne suive la voie ouverte par la banque centrale néo-zélandaise la semaine dernière. Dieu sait pourtant qu’ils ont eu toutes les raisons de croire en une détente monétaire. En effet, il suffisait de se pencher sur les dernières statistiques de la zone euro, notamment concernant l’inflation, pour en avoir le cœur net.

Pour autant, c’était faire abstraction des propos tenus par Jean Claude Trichet mi janvier. En effet, ce dernier avait clairement laissé entendre qu’il donnait rendez vous aux investisseurs au mois de mars pour une décision importante. Evidemment, le marché des changes a rapidement compris qu’il fallait attendre le statu quo à l’issue de la réunion de février, statu quo qui a évidemment eu lieu.

Contrairement aux banques centrales australienne, tchèque et à la Banque d’Angleterre, qui ont décidé de baisser leur taux d’un demi point, la Banque Centrale Européenne a préféré opter pour le statu quo avant d’opter éventuellement pour une détente monétaire au mois de mars en fonction des nouvelles prévisions statistiques de l’institut d’émission.

Avant la décision de la BCE, qui fut largement attendue après la capitulation du marché des changes, certains responsables européens, dont le président de la Commission européenne, sont montés au créneau afin de prévenir les éventuelles critiques des dirigeants nationaux de la zone euro. José Manuel Barroso a notamment souligné dans une interview à l’hebdomadaire allemand Die Zeit que l’euro constitue un remarquable « bouclier de protection » pour les pays qui l’ont adopté, soulignant le contraste avec l’Islande, dont la couronne a totalement dégringolé depuis novembre.

Toutefois, ce sauvetage n’a pas eu raison d’être étant donné que Jean Claude Trichet est parvenu à convaincre les marchés, même si l’euro n’a évidemment pas profité du statu quo. En effet, ce dernier a nettement laissé entendre que le Conseil des gouverneurs devrait décider le mois prochain une baisse d’un demi point de pourcentage, tout en refusant clairement de suivre la voie empruntée par la banque du Japon et la Fed qui ont opté pour des taux zéro. De plus, point sur lequel il était très attendu, Jean Claude Trichet a également laissé entendre sa disposition à recourir, à l’instar de la Réserve Fédérale, à des mesures non conventionnelles afin de relancer l’économie fragilisée de la zone euro. Au final, le grand oral de Jean Claude Trichet fut plutôt une réussite.

Même s’il n’a pas permis un rebond de la monnaie unique européenne, l’euro a profité vendredi, avant la clôture des marchés, des aléas du dollar. En effet, les derniers chiffres du chômage aux Etats-Unis ont jeté un froid sur les marchés, rappelant que l’économie américaine n’est pas prête de sortir de l’ornière. Selon certains analystes, le chômage outre atlantique pourrait même monter aux alentours de 10%. Toutefois, dès lundi, les acteurs du marché des devises auront certainement oublié ce mauvais pas, notamment si le plan de relance est adopté par le Sénat, permettant éventuellement de restaurer la confiance sur le marché des changes.

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