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Enfin un banquier central qui critique le recours à tout-va à la planche à billets!

Avec la crise, les banques centrales ont été contraintes, pour éviter un chaos plus important, de faire preuve d’imagination. Cela s’est traduit, notamment, par des taux d’intérêt à des plus bas historiques, mais surtout, par des mesures non conventionnelles, les fameux assouplissements quantitatifs. Le Japon, le Royaume-Uni et surtout les Etats-Unis ont eu recours à cette dernière méthode.

Pour faire simple, les assouplissements quantitatifs consistent en une intervention de la banque centrale par laquelle elle imprime des billets pour fluidifier les marchés financiers et pour aussi jouer à la baisse sur les taux d’intérêt à long terme. Tout cela, afin de permettre à l’économie de redémarrer via un retour de la confiance et de la liquidité.

Ce recours à la planche à billets n’a pas eu pour le moment de conséquences inflationnistes mais plusieurs économistes, en particulier aux Etats-Unis, s’inquiètent de la direction prise par les banques centrales. Deux scénarios catastrophes sont possibles: soit la planche à billets entraîne une hausse de l’inflation, mais avec un certain décalage dans le temps, ce qui confirmerait alors la théorie de Friedman, soit les banques centrales échouent à sortir des mesures extraordinaires et à désaccoutumer les marchés à cet afflux constant de liquidité.

Jusqu’à présent, peu de voix se sont élevées contre les risques des politiques monétaires d’après-crise. Certains membres du FOMC ont soulevé des inquiétudes mais aucun banquier central ne s’était à présent risqué à formuler une critique.

Pour son entrée sur le devant de la scène, le nouveau gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, n’a pas fait ombrage de son scepticisme concernant les mesures d’assouplissement quantitatif. Lors d’un diner privé la semaine dernière, le gouverneur a reconnu que les assouplissements sont bien la dernière chose que le Canada devrait choisir de faire. La banque centrale n’a en effet pas eu besoin d’intervenir dans ce sens, poussant simplement ses taux à un point bas de 1%. Il rebondissait sur les propos du ministre des Finances canadien, Jim Flaherty, qui a appelé les Etats-Unis à rapidement revenir à une politique monétaire plus orthodoxe.

Il n’est pas certain cependant qu’ils soient entendus, surtout par la Réserve Fédérale qui semble être prête à réitérer encore une fois cette semaine son positionnement très accommodant qui a permis aux bourses de connaître des plus hauts cette année, avec des résultats toutefois mitigés pour l’économie réelle. Cependant, ces propos confirment que de plus en plus d’économistes et de dirigeants mondiaux s’interrogent sur le bien fondé des mesures d’assouplissement quantitatif qui ont fait accroître dans des proportions déraisonnables le bilan des banques centrales, avec des conséquences encore incertaines à long terme mais que nous finirons par expérimenter tôt ou tard. La crise est loin d’être terminée.
 

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