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Et la crise de l’immobilier dans tout ça?

Comme souvent, notre rédaction donne la parole à un expert dans nos colonnes. Aujourd’hui, place à un sujet qui a été maintes fois évoqué depuis 2008: la crise immobilière mondiale. Evidemment, du fait notamment de la crise de la dette souveraine, on en entend beaucoup moins parler mais cette crise est toujours bien présente, surtout dans les pays en voie de développement, où cette situation dure depuis des années. Focus sur le Venezuela avec Julio Eduardo Villarroel, expert immobilier à Paris.

 

A maints égards, la situation en termes d’immobilier au Venezuela est symptomatique de ce qui se passe, depuis plusieurs années, dans la quasi-totalité des pays en voie de développement. Seule exception, alors que les autres gouvernements essaient de gérer ce problème en le dépolitisant, au Venezuela, la crise de l’immobilier est présentée, par le président et son administration, comme un héritage du modèle capitaliste.
Force est de reconnaitre que plus de 10 ans après l’arrivée au pouvoir du président Chavez, la situation n’a guère évolué et, sur certains points précis, elle a même eu tendance à se dégrader.
 
Dans le pays, on évalue en général le besoin de logements à près de deux millions, sachant que ce chiffre augmente en moyenne de 200 000 logements par an, une demande pour laquelle le gouvernement et les rares entités privés peinent à répondre.
 
La crise de l’immobilier au Venezuela revêt aussi un aspect particulier, qu’on retrouve difficilement dans d’autres pays en voie de développement. Elle est empirée par une production législative totalement incohérente. Ainsi, une nouvelle loi a été mise en place de protection des locataires qui ferait pâlir les propriétaires français. Désormais les locataires ont la possibilité de fixer eux-mêmes les loyers. C’est le renversement d’une situation tout aussi absurde qui prévalait jusqu’à présent, à savoir que le marché de la location au Venezuela était totalement déréglementé et permettait aux propriétaires de fixer librement leurs tarifs. Dans certains cas extrêmes, des logements étaient loués à 1700 euros, sachant que le salaire minimum vénézuélien est inférieur à 250 euros…
 
Une situation absurde en remplace une autre avec cette nouvelle loi.
 
En année électorale, inutile de dire que le gouvernement va s’efforcer de construire même si tous les plans du gouvernement dans l’immobilier ont échoué jusqu’à présent. La situation est loin d’être réglée, tant que des anneaux de pauvreté continueront de croître autour des grandes villes, accentuant une crise qui a été mal gérée depuis des décennies.

 

Par Julio Eduardo Villarroel

 

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