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Faut-il s’inquiéter pour la croissance économique chinoise?

Hier matin était publié le PMI manufacturier chinois, calculé par HSBC Markit. Les chiffres se sont révélés très décevants: on attendait certes un ralentissement de la production industrielle chinoise, mais pas à ce point! Pour rappel, un indice de 50 signifie que la production manufacturière est restée parfaitement stable. Un indice sous ces 50 modélise un ralentissement industriel (parfois saisonnier). Alors que le consensus s’établissait autour de 48.6, le chiffre publié est 47.7, un record depuis 11 mois. La même journée, l’AUD a pu perdre jusqu’à près de 2% de sa valeur dans la foulée. Suite à ces mauvais chiffres, faut-il s’inquiéter pour la croissance économique chinoise?

Le modèle chinois repose dans le fond sur l’importation de matières premières destinées à une transformation en bien manufacturés basiques que la Chine exporte vers ses partenaires commerciaux européens, américains, ou encore asiatiques. Mais voilà, que faire lorsque ceux-ci sont malades? Les Etats-Unis sortent à peine de la torpeur tandis que les Européens cherchent encore à en sortir. Les exportations chinoises ne progressent plus: en juin 2012, l’Empire du milieu exportait pour 180.8 milliards de dollars. Ce mois de juin, il n’exportait plus que pour 174.6 milliards.

Toutefois, il y a fort à parier que cette situation de dépendance va rapidement conduire le gouvernement de Xi Jinping à développer encore davantage la consommation intérieure. La comparaison des chiffres de consommation des ménages chinois nous apprend qu’elle a augmenté de 13.3% entre juin 2012 et 2013. Il s’agit de permettre à la surcapacité chinoise actuelle de valider ses productions, c’est-à-dire de créer une demande qui viendrait rencontrer cette offre de plus en plus prolifique. Rappelons que la Chine représente 1.3 milliards de futurs consommateurs: l’avenir s’annonce brillant, et le yuan semble disposer aujourd’hui des ressources qui lui permettront de détrôner le dollar américain demain.

L’internationalisation du yuan est en marche. Pour ce faire, la monnaie doit tout de même se préparer à ce nouveau rôle, notamment en négociant sa libre convertibilité plutôt qu’un change fixe. Le 10 avril dernier, la Chine franchit le cap et devient librement convertible face au dollar australien, une paire totalement détachée du dollar américain. De la même façon, la Nouvelle-Zélande négocie elle aussi la libre convertibilité.

Enfin, la Chine est dotée d’un système bancaire relativement opaque. Alors que l’on prévoit une hausse du PIB de 7.5%, les crédits ont quant à eux progressé de 20%. Il semble évident que tous les yuans ne se retrouvent pas dans l’économie réelle: c’est ce qui se passe dans les pays émergents. Toutefois, le yuan reste et demeure l’une des seules devises à s’être appréciée face au dollar, faisant en cela de la Chine une exception.

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