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Flambée des cours du pétrole.

Mercredi dernier, le baril de brut américain a atteint un nouveau record, à 100 dollars le baril. Alors que début 2007, le prix du baril avait temporairement chuté sous la barre des 50 dollars, l’accroissement de la demande de grands pays consommateurs tels que l’Inde, la Chine ou les Etats-Unis, ajouté à un dollar nettement affaibli, a entretenu à un rythme continu la flambée des prix du pétrole.

Parallèlement, des perturbations de l’offre se font sentir avec la difficulté à redémarrer l’industrie pétrolière en Irak, après des années de sous investissement et d’embargo onusien, l’incertitude grandissante quant à la réaction des pays occidentaux et de l’AIEA vis-à-vis du programme nucléaire iranien et la réduction conséquente depuis février 2006 de l’offre de pétrole du Nigeria, huitième exportateur mondial, en raison d’attaques et d’actes de sabotage des rebelles séparatistes du Mouvement d’émancipation du delta du Niger.

Depuis la baisse des taux d’intérêt décidée par la Réserve fédérale américaine à la mi-août afin de limiter l’impact de la crise financière, la faiblesse du dollar par rapport aux autres devises, particulièrement l’euro, a encouragé les investissements dans les matières premières, en premier lieu le pétrole, car les investisseurs considèrent à juste tire que les actifs libellés en dollars sont relativement bon marché donc qu’ils peuvent opérer une plus-value conséquente. Ainsi, les fonds de pension et les fonds spéculatifs ont massivement investi sur le marché des matières premières afin d’obtenir des rendements supérieurs à ceux du marché des obligations et du marché des actions.

Dans le même temps, la baisse du dollar a accru artificiellement le pouvoir d’achat des consommateurs qui n’utilisent pas la devise américaine ce qui a permis d’entretenir la forte demande en pétrole. Répondant aux critiques qui leur sont lancées par les pays importateurs sur le refus d’augmenter la production, les ministres du pétrole de l’Opep, réticents à voir décroître leurs bénéfices, font valoir que, même si en termes nominaux le prix du pétrole a effectivement atteint dernièrement des niveaux records, l’inflation qui sévit, additionnée à la faiblesse de la monnaie américaine, amortit considérablement le coût de cette augmentation.

La prochaine baisse attendue par les analystes du principal taux directeur de la FED, suite aux mauvais chiffres de l’emploi aux Etats-Unis et au risque grandissant de récession, devrait avoir pour effet d’accroître encore les prix du pétrole, excepté si l’Opep décide, à coup de pression, d’augmenter sa production journalière.

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