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Forex: Les enjeux macroéconomiques de la semaine

Les rumeurs et anticipations auto-réalisatrices ont un peu éclipsé au cours de la semaine dernière la réalité économique alors que, pourtant, de nombreux chiffres sont tombés aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, confirmant les craintes de ralentissement de la croissance mondiale. Cette semaine devrait a priori remettre sur le devant de la scène les indicateurs macroéconomiques, à partir d’aujourd’hui.

Du côté des Etats-Unis: Les statistiques vont mettre à l’ordre du jour le secteur immobilier, la croissance de l’activité, et notamment du secteur manufacturier, et enfin l’évolution de la consommation et de la confiance des ménages américains.

Les indicateurs du secteur immobilier devraient confirmer la reprise de l’activité dans ce secteur essentiel pour la croissance américaine puisque les ventes de logements existants sont annoncées à 5M et les ventes de logements neufs à 419 000. Les indicateurs du secteur manufacturier seront à prendre en considération avec recul, car ils ne concernent pas les grandes zones industrielles des Etats-Unis, il s’agira notamment cette semaine de la région de Richmond. Avec un impact à attendre sur le marché des changes plutôt faible. En revanche, le PIB annualisé est programmé vendredi à 14h30 avec un chiffre prévu à 3% ce qui constituerait indéniablement une bonne nouvelle pour les Etats-Unis. De même, la confiance de l’université du Michigan est annoncée en hausse à 73.5. Seul point noir de la semaine économique pour les Etats-Unis, les commandes de biens durables pourraient chuter à -2.9% contre une hausse précédente de 5.7%. Le marché du dollar pourrait alors trébucher à ce moment-là. Toutefois, avec le recul, l’évolution économique des Etats-Unis est plutôt rassurante et devrait donc favoriser, si ce n’est l’appétit au risque sur les devises, un renforcement du dollar américain face à ses principales contreparties.

Du côté de la zone euro: De l’autre côté de l’Atlantique, l’attention des cambistes se portera une nouvelle fois sur l’évolution de la conjoncture économique. Les derniers mois ont confirmé la récession dans la zone euro, en montrant notamment que la crise pénalise désormais de plus en plus l’Allemagne. Ce n’est rien d’autre que cela que devrait confirmer la publication de l’indice IFO allemand qui est prévu en recul lors de la dernière enquête réalisée avec une estimation actuelle à 109.5 contre 109.9 précédemment. La chute la plus importante concernera les prévisions qui pourraient tomber selon le consensus à 103, preuve que le climat des affaires en Allemagne se dégrade au fur à mesure de l’accentuation de la crise de la dette et de la crise économique.

Il n’est pas certain au demeurant que les appels du G20 pour que l’Allemagne fasse une politique de relance trouvent un écho favorable outre-Rhin, en particulier en période de campagne électorale.

Le biais reste baissier pour l’euro dans ce contexte, avec un retour probable vers ses plus bas des dernières semaines face au dollar américain. L’agenda pour la croissance de la zone euro, qui a tout l’air d’un agenda confirmant l’austérité, va continuer de peser sur la dynamique à l’oeuvre dans l’Union Monétaire. Tant que la confiance des ménages et des entreprises n’aura pas été restaurée, la tendance baissière sur l’euro va rester d’actualité.

Enfin, sur le court terme, le risque politique demeure élevé dans la zone euro, notamment en Italie qui a une nouvelle fois montré en fin de semaine dernière l’incapacité de la classe politique à mettre en place un exécutif crédible pour gouverner. L’évolution de la situation politique italienne, et des taux de rendement du pays, seront aussi à surveiller de prés avant de se placer sur le forex.

Du côté du Royaume-Uni: L’actualité économique sera plutôt pauvre cette semaine pour le Royaume-Uni avec une seule statistique cruciale qui sera rendue publique jeudi à 10h30. Il s’agit du PIB qui pourrait passer de -0.3% à +0.1%. Une telle statistique sera évidemment bienvenue après les récents mauvais indicateurs qui laissent souvent craindre une récession en triple-creux. Pour autant, une croissance quasiment atone de 0.1%, qui est surtout le fruit d’un calcul comptable, ne devrait pas réduire les inquiétudes des cambistes concernant la situation économique outre-Manche. La livre sterling en a été pénalisée depuis le début de l’année face à ses principales contreparties. Sachant que le marché n’anticipe pas un nouveau coup de pouce en termes de politique monétaire avant le mois de juillet, le biais à moyen/long terme est plutôt baissier pour la devise britannique sur le marché des changes.

 

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