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France, Italie, Royaume-Uni…Le navire “Europe” prend l’eau

Ceux qui pensaient que l’année 2012 était mauvaise ont eu tort. 2013 sera, manifestement, encore pire.

Les nombreuses statistiques qui ont ponctué la semaine ont montré à quel point la machine économique est à l’arrêt sur le Vieux-Continent. A part l’Allemagne, qui parvient encore à afficher une bonne résistance par rapport au décrochage économique de ses voisins et partenaires, tous les pays sont au bord du précipice.

La zone euro, qui avait été créée pour devenir un géant économique mondial, et faire office d’havre de paix et de prospérité, est mise en échec par l’absence de politique budgétaire commune et d’harmonisation des tissus économiques des différents pays qui composent l’Union. Après la crise de la dette qui a agité les marchés, l’ eurozone s’engouffre dans une crise économique de grande ampleur dont nul n’est en mesure de dire si elle pourra s’en sortir indemne.

Même les pays core, comme la France, sont désormais en débandade. Le pays affiche une compétitivité en berne, le chômage explose, les différents secteurs d’activité sont en phase de contraction et, pendant ce temps, les taxes et les impôts s’accumulent pour atteindre l’illusoire objectif de 3% de déficit. Pire, les maîtres d’oeuvre de la croissance, les jeunes et les entrepreneurs, fuient vers d’autres pays au climat économique plus favorable. Le même scénario est perceptible quasiment partout dans la zone euro.

Le chômage a ainsi atteint le niveau record de 11.9% en janvier dans l’Union, et devrait logiquement passer à 12% pour février. Pendant ce temps, la contraction de l’activité se poursuit à un rythme effréné.

Le résultat des élections en Italie cette semaine, qui a abouti au scénario d’un pays ingouvernable, a montré l’importance du vote protestataire contre les mesures d’austérité. La zone euro, sous influence allemande, refuse pourtant de freiner sa politique de rigueur alors que toutes les organisations internationales (FMI et OCDE en tête) et même les agences de notation appellent à lever le pied.

C’est d’ailleurs le message qu’on peut retenir de l’abaissement de la note souveraine du Royaume-Uni par l’agence Moody’s. La perte du triple A par le pays est la conséquence directe de la politique très stricte de réduction des dépenses entreprise par le gouvernement Cameron qui a pour effet d’amputer de plusieurs points de PIB la croissance du pays. On connait ensuite le cercle vicieux: l’austérité bride la croissance qui par corollaire entraîne une baisse des rentrées d’argent et donc la prise de nouvelles mesures d’austérité pour atteindre les objectifs fixés et ainsi de suite…

L’exemple du Royaume-Uni qui s’est engagé à tambour battant dans l’austérité devrait être pris en compte par la zone euro. La situation s’empire, le PMI manufacturier pour février s’est effondré en zone de contraction à 47.9, et le risque de récession en triple-creux se précise.

Cependant, à l’inverse des Britanniques, les membres de la zone euro ne peuvent pas se targuer d’un système financier très attractif, d’une économie diversifiée et d’une politique monétaire qu’on peut adapter aisément aux différentes situations, pour reprendre les points mis en avant par Moody’s.

La zone euro s’effondre et, malheureusement, à part l’accentuation de l’austérité, rien n’est mis en oeuvre au niveau européen pour relancer la machine économique, l’industrie et l’esprit d’entreprendre. L’année 2013 s’annonce extrêmement difficile pour l’Europe.

Face à elle, la Chine se redresse et les Etats-Unis affichent des signes évidents de reprise dans des secteurs essentiels de l’économie, comme l’immobilier ou l’automobile. Les débats en cours outre-Atlantique sur les réductions des dépenses et les coupes budgétaires automatiques ont peu de chances de dévier l’attention des cambistes du marasme économique européen dans les prochaines semaines.

Analyse technique:

EURUSD: Sur la semaine, la paire a perdu 1.50% confirmant son déclin de février. Les mauvais chiffres économiques et la possibilité de changement de politique monétaire aux Etats-Unis, en faveur d’une sortie des mesures d’assouplissement, profite au dollar américain. La paire a enfoncé ce vendredi le niveau de 1.30. En cas de maintien sous ce niveau, la chute de l’euro pourrait s’accélérer dans les prochains jours.

USDJPY: La paire a perdu en variation hebdomadaire près de 0.63% sur le marché des changes avec un plus bas cette semaine à 90.89 qui a été atteint lors de la séance de lundi. Graphiquement, on constate que les vendeurs sont en train de reprendre la main sur cette paire. L’enfoncement du solide support à 93.00 qui avait été très utile la semaine dernière confirme la divergence baissière. On peut donc anticiper à court terme un retour de la paire vers 91.20.

GBPUSD: Perte du triple A, indicateur PMI désastreux, il est donc normal que la paire ait fini en recul cette semaine de 0.88%. La livre sterling a été laminée lors de la séance d’aujourd’hui suit au PMI manufacturier et a atteint un plus bas à 1.5013. La baisse a toutes les chances de se poursuivre sur ce cross tant que la situation économique et budgétaire britannique ne s’améliorera pas. On attend maintenant une cassure de la zone psychologique de 1.5000 ce qui aurait pour effet d’accélérer le mouvement de repli.

 

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