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Gardez un oeil sur la Banque Nationale Suisse et le CHF aujourd’hui!

C’est aujourd’hui que la Suisse doit publier son rapport sur les prix à la consommation pour le mois d’octobre. C’est un moment certainement crucial pour les marchés et le franc suisse puisque c’est lors de la publication de cet indicateur, le 6 septembre dernier, que la Banque Nationale Suisse (BNS) avait décidé d’établir un cours plancher à l’EURUSD à 1.20.
 
Aujourd’hui encore, après plusieurs semaines de rumeurs, les marchés s’attendent à ce que la BNS bouge son cours plancher et que les risques évidents de déflation constituent un moteur d’action pour la banque centrale. Selon le consensus de Bloomberg, la hausse des prix devrait être de 0.2% en octobre sur un mois après une progression en septembre de 0.3%. La hausse enregistrée en septembre fut la première depuis quatre mois mais cette hausse ne semble pas suffisante, bien qu’elle puisse être confirmée en octobre, pour changer la donne sur une base annuelle, avec un taux qui est passé de 0.5% à 0.2%, suggérant que la déflation se précise.
 
Par ailleurs, la situation globale de l’économie helvétique est inquiétante avec des indicateurs plus que pauvres, comme l’ont reflété la chute de près de 1% sur un an des ventes au détail ou la baisse à son plus bas niveau depuis septembre 2009, à 0.8 en octobre, de l’indicateur KOF.
Face à cela, au lieu de s’orienter vers une baisse des taux, la BNS a décidé plutôt de miser sur un cours plancher qui, jusqu’à présent, s’est révélé plutôt heureux pour les autorités. Ce cours plancher ne doit absolument pas être vu comme une tentative désespéré de sauver l’industrie exportatrice mais plutôt comme une forme moderne d’assouplissement quantitatif.
 
Lors d’une récente interview, l’un des membres de la BNS, Danthine, avait affirmé que la banque centrale s’était orientée sur un cours plancher à 1.20 au lieu de 1.25, comme souvent cité, car ce niveau reflète mieux l’équilibre économique et est plus crédible pour le marché. porte-billets-chf-pic-etuibilletschf 2_400x300

Sans l’ombre d’un doute, depuis plus de deux mois, la crédibilité de l’institution suisse s’est renforcée après ses échecs à influer le taux de change du CHF en 2009, ce qui avait déstabilisé fortement le bilan de la banque. Au demeurant, d’après les derniers chiffres officiels, le maintien de ce taux plancher par la BNS ne lui a pas coûté trop, à en juger par l’évolution des réserves de change depuis septembre.
 

Une modification du cours plancher de l’EURCHF n’est pas à exclure, tout comme un QE3 aux Etats-Unis. Etant donné la situation de l’Europe, avec l’absence de résolution de la crise grecque, son éventuelle contagion à d’autres pays, dont l’Italie, la BNS pourrait être tentée de modifier à la marge sa stratégie, avant de bouger davantage les lignes. C’est en agissant à temps que la BNS aura la chance d’influer encore sur les marchés, et de poursuivre son oeuvre d’affaiblissement du CHF qui s’est soldée par un succès depuis deux mois, avec une baisse de 20% du franc suisse. Ne pas agir à temps, avant que la crise ne s’aggrave, aurait pour conséquence de mettre la BNS hors-jeu durablement.

 

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