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G…comme Grèce, E…comme Espagne et…

R…comme récession. Voici les trois mots qui seront dans la bouche des dirigeants européens à l’occasion du Sommet Européen des 18 et 19 octobre qui commencera formellement demain en fin d’après-midi.

On l’a vu depuis le début de la semaine, l’optimisme semble l’emporter sur les marchés financiers au sujet de cette rencontre. Pourtant, il y a certainement peu à attendre en termes de décisions concrètes. Les responsables politiques européens, lorsqu’ils ne subissent pas la pression des marchés, ont tendance habituellement à reporter les grandes décisions, ce qui risque d’être le cas cette fois encore. Au demeurant, dans les faits, l’Eurogroupe d’octobre a déjà mâché une partie du travail en mettant notamment en oeuvre concrètement le MES.

Trois dossiers principaux vont être abordé: le délai accordé à la Grèce et le versement d’une prochaine tranche d’aide, l’aide à l’Espagne et enfin la situation économique de la zone euro et, plus globalement, de l’UE.

Au sujet de la Grèce, personne ne s’attend à une quelconque surprise. Les positions vont être rappelé, à savoir que nul ne croit à une sortie du pays de la zone euro, ce n’est même pas une option pour Berlin. Afin d’éviter un scénario qui reste probable selon les marchés financiers, les autorités allemandes ont versé de l’eau dans leur vin et vont certainement accorder le délai de deux ans pour la mise en oeuvre du plan d’austérité comme réclamé par Athènes. En échange des récents efforts du gouvernement grec, une nouvelle tranche d’aide sera versée dans les prochaines semaines, la première depuis fin juin, ce qui devrait offrir une bouffée d’air frais à l’économie grecque. Pour autant, le problème de long terme que représente la Grèce, qui sera manifestement incapable de tenir ses engagements, même avec un nouveau délai, demeure.

Mais la Grèce n’affole pas tant que cela les marchés qui souhaitent simplement voir la zone euro agir et surtout servir de pare-feu de dernier recours. C’est d’ailleurs ce qu’on constate avec la situation espagnole. Ce qu’attendent les marchés, c’est que Madrid fasse officiellement appel à l’aide de l’UE afin que la BCE puisse intervenir sur le marché secondaire. Malheureusement, et en dépit des nombreuses rumeurs, cette éventualité ne devrait pas arriver dans l’immédiat. Le gouvernement espagnol essaie de sauver les apparences car plusieurs échéances politiques arrivent, notamment les élections régionales le 21 octobre et surtout la consultation régionale du 25 novembre sur l’auto-détermination de la Catalogne. Madrid n’a donc pas d’autre choix que d’attendre de connaître la nouvelle donne politique régionale dans le pays avant de faire appel à l’assistance européenne, quitte à demander alors une aide en catastrophe.

Le dernier chantier rester celui de la situation économique globale et aussi de la mise en place de l’union bancaire, un projet qui met bien en lumière les nombreux blocages politiques de la construction européenne. Ce projet a, malheureusement, toutes les chances de tomber dans l’oubli ou d’accoucher au final d’une structure sans réel pouvoir. De même, les politiques européens semblent bien incapable de mettre en oeuvre une politique coordonnée pour échapper à l’inévitable récession.

Ainsi, ce nouveau Sommet Européen risque de n’être qu’un Sommet vain de plus qui ne résoudra en rien les problèmes de long terme de la zone euro…

 

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