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Grèce: La crise est-elle derrière nous?

Retour en arrière: été 2012, la crise bat son plein en Europe et tout le monde s’attend au pire. Citigroup annonce même que la Grèce a 90% de chances de sortir de l’Union monétaire d’ici le 1er janvier 2013. Entre-temps, la Banque Centrale Européenne lance son programme massif d’achats illimité d’obligations de la zone euro, le programme OMT, qui a permis aux marchés financiers de retrouver un semblant d’accalmie.

Désormais, tous les analystes s’accordent pour dire que la sortie de la Grèce de la zone euro est improbable. Est-ce la fin de la crise?

Pas totalement. En effet, la situation économique de la zone euro dans son ensemble reste préoccupante bien que certains signes confirment une reprise de l’activité en 2014 et en 2015. Citigroup a ainsi relevé sa prévision de croissance pour l’an prochain à 0% contre -0.3% il y a un mois. 2013 reste cependant une année sombre avec un consensus des analystes à -0.7% qui traduit l’approfondissement de la crise.

En revanche, le marché, rassuré par la Banque Centrale Européenne, a bien accepté le relâchement des mesures d’austérité dans les pays périphériques, ce qui a directement profité à la Grèce. Les créditeurs reconnaissent notamment que les dates choisies par la troïka pour atteindre les objectifs de réduction du déficit sont arbitraires et qu’il faut mieux prendre en considération les efforts fournis par Athènes ainsi que le contexte économique global, qui est plutôt au ralentissement de la croissance, voire à la récession pour la zone euro.

Le Grexit n’est toutefois pas totalement exclu des scénarios à plus long terme des banques. Cependant, faisant place à la crise économique et budgétaire, c’est surtout une nouvelle crise qui commence à inquiéter: la crise sociale. Les mesures de la troïka en Grèce ont créé un désoeuvrement croissant de la population, avec un taux de chômage stratosphérique, notamment parmi les jeunes, et une augmentation du nombre de suicides qui reflète le chaos ambiant. De plus en plus d’ONG occupent désormais le rôle de l’Etat, comme Solidarity Now qui a lancé récemment une campagne publicitaire massive en Europe pour lever des fonds et sensibiliser le reste de l’Europe à la situation sociale grecque.

Les marchés financiers, eux, restent insensibles à ces manifestations de la détresse humaine.

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