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Hold-up du gouvernement Kirchner sur la banque centrale

Les observateurs de la situation en Argentine évoquent de nouveau la faillite du modèle imposé par les époux Kirchner pour sortir le pays de l’ornière suite à sa faillite en 2002. Depuis près de dix ans, le pays n’a pas accès aux financements internationaux et est, par conséquent, contraint de se financer principalement sur son excédent extérieur.

Conséquence: les exportations, principalement de soja, ne cessent d’augmenter depuis plusieurs années mais force est de constater que ces exportations commencent à se stabiliser ce qui ne devrait pas permettre au gouvernement d’avoir davantage de marge de manoeuvre.
 

Afin d’éviter un blocage de la situation, et alors que les conflits sociaux se multiplient, le gouvernement a finalement réussi à faire approuver par le Parlement une réforme du statut de la banque centrale argentine il y a trois semaines. Jugée louable dans le sens où elle attribue aussi à la banque centrale l’objectif de favoriser la croissance et l’emploi et non plus seulement la stabilité des prix, elle est en revanche critiquée sur le fait qu’elle permette de renflouer sans limite le Trésor.
C’est justement ce dernier point qui avait causé un conflit majeur entre la banque centrale et l’exécutif en janvier 2010, poussant alors à la démission le gouverneur de l’époque, Martin Redrado, qui était un farouche partisan de l’indépendance de l’institut d’émission.
 
Depuis, il a été remplacé à son poste par une proche du couple Kirchner, Mercedes Marco del Pont. Cette dernière avait été gratifiée d’un “D” pour sa politique monétaire inflationniste par le magazine Global Finance fin 2011, faisant d’elle l’un des pires banquiers centraux en fonction.
 
Répondant aux critiques, Mercedes Marco del Pont a récemment déclaré qu’ “il est totalement faux que l’émission monétaire génère de l’inflation“, laissant ainsi entendre que la banque centrale financera autant que nécessaire le Trésor. Certes, le gouverneur n’a pas totalement tort, mais cette assertion est vraie uniquement si la demande intérieure est suffisante, ce qui n’est pas le cas en Argentine où elle est bridée par une politique oppressante de modération salariale et une inflation qui est de plus de 20%.
 
Ayant désormais les coudées franches pour se financer auprès de la banque centrale, le gouvernement ne va certainement pas jouer la modération et usera sûrement de sa ligne de crédit sans limite pour mettre un terme à la contestation sociale, ce qui aura, dans les années à venir des conséquences dramatiques pour l’économie du pays et la crédibilité de ses institutions.

 

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