Press "Enter" to skip to content

La Banque d’Angleterre fait bonne figure sans parvenir à convaincre le marché des changes

Comme ce fut le cas en février et en mars, le Comité de Politique Monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) ont voté à six contre trois en faveur du maintien de la politique monétaire inchangée.

Bien que tous les membres du Comité soient tombés d’accord pour laisser les taux directeurs à un plus bas de 0.50%, ils sont apparus divisés concernant les rachats d’actifs.

Une fois encore, le gouverneur King a voté aux côtés de David Miles et de Paul Fisher afin d’augmenter le montant du programme d’assouplissement de 25 milliards de GBP. Les six autres membres ont privilégié le maintien en l’état de ce programme à hauteur de 375 milliards de GBP.

Malgré le statu quo, le marché des devises n’a pas été dupe et a mis sous pression la livre sterling de manière très agressive. Ainsi, dans la foulée de la publication du compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire, la paire GBPUSD a été poussée à la baisse, bien en-dessous du niveau de 1.5300.

Le marché considère en effet que, vu le contexte économique, la Banque d’Angleterre va être contrainte dans les mois à venir à redoubler d’efforts, en d’autres termes à accepter un renforcement du programme d’assouplissement. Selon les analystes, le statu quo pourrait encore dominer, du moins jusqu’à l’arrivée du gouverneur Carney, en juillet prochain. Ainsi, le gouverneur King poserait, tel un gentleman, les fondations d’un changement de posture de politique monétaire pour son successeur afin de lui faciliter la tâche. Le débat a ainsi déjà lieu au sujet du montant du programme au sein du Comité, et le gouverneur Carney n’aura donc pas besoin de l’initier.

A l’instar de la passation de pouvoir à la BCE entre Trichet et Draghi, qui avait été l’objet d’une baisse des taux directeurs afin de permettre au nouveau gouverneur d’imposer sa marque, la passation entre King et Carney devrait favoriser un renforcement du programme de rachat d’actifs à hauteur probablement de 400 milliards de GBP.

Vu le contexte économique, la Banque d’Angleterre n’a de toute façon pas beaucoup de choix. Le taux de chômage a opéré une nouvelle remontée à 7.9% de la population active, et le risque de récession en triple-creux demeure bien présent. On peut d’ailleurs s’étonner que la BoE n’ait pas décidé de renforcer son arsenal de soutien à l’économie plus tôt.
 

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *