Press "Enter" to skip to content

La devise qui a le plus à perdre cette année sur le marché des changes

Nouvelle salve contre le yen ce matin par le Premier ministre Shinzo Abe qui a demandé au gouverneur Masaaki Shirakawa de doubler la cible d’inflation de la banque centrale, la faisant ainsi passer de 1% à 2%. Résultat: le yen s’est approché d’un plus bas de deux ans et demi face au dollar américain. Le nouveau Premier ministre peut donc être satisfait. Il a l’oreille des cambistes.

Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, la ligne directrice de l’action politique a été d’envoyer des signaux aux marchés financiers afin de leur faire bien comprendre que l’archipel mettra tout en oeuvre pour sortir de la déflation et surtout pour affaiblir le yen.

L’affaiblissement de la monnaie nationale n’a pas fait son apparition ces derniers mois dans le vocabulaire politique japonais. C’est un credo qui existe depuis de nombreuses années car l’économie nippone est tournée vers les exportations.

Jusqu’à présent, les cambistes étaient restés plutôt sceptiques face aux capacités de Tokyo à influencer durablement sa devise. Il faut mentionner que la banque centrale nippone fut l’une des premières au monde à mettre en avant des mesures d’assouplissement quantitatif, bien avant que le terme n’existe, et que cela n’a pas produit d’effets miraculeux.

En fait, la principale différence cette fois réside dans le fait que le gouvernement a clairement décidé de reprendre la main sur la politique monétaire. Non pas que la banque centrale ait été indépendante auparavant dans les faits, mais on lui laissait au moins une certaine marge de manoeuvre. Désormais, la banque centrale doit se plier aux exigences des élus.

Le doublement de la cible d’inflation répond de cette exigence. Il est fort peu probable que la banque centrale parvienne à moyen terme à atteindre cet objectif quand on sait tout le mal qu’elle a déjà à atteindre 1%. Cependant, l’intérêt pour le Japon est de montrer aux marchés que la banque centrale travaille en étroite collaboration avec le gouvernement.

Déjà, ce nouveau positionnement porte ses fruits puisque selon le panier de devises de Bloomberg, le yen est la monnaie qui a affiché la pire performance la semaine passée avec une chute de 1.2% alors que le dollar américain et l’euro restaient stables.

Cependant, les paroles ne suffiront pas longtemps et les investisseurs vont demander des décisions concrètes. C’est pourquoi le Japon étudie plusieurs pistes pour atteindre ses objectifs, notamment essayer de stabiliser le marché monétaire en utilisant abondamment ses réserves en devises étrangères selon un pré-rapport que s’est procuré Bloomberg.

Le discours politique a donc beaucoup changé en l’espace de quelques semaines au Japon et les cambistes commencent à intégrer cette donnée. Ainsi, Crédit Agricole, comme d’autres banques auparavant, a revu à la hausse ses prévisions pour l’USDJPY cette année avec une paire qui pourrait finir autour de 92 yens en décembre prochain contre 85 yens précédemment.

 

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *