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La France emprunte à un plus bas malgré un contexte économique morose

La France a emprunté ce matin pour la première fois à un taux inférieur à 2% pour une émission obligataire à 10 ans en levant 2.006 milliards d’euros à 1.94%. C’est la première fois pour le pays que le taux d’emprunt a atteint un tel niveau lors d’une émission obligataire.

Cette performance intervient alors que le contexte économique en France reste toujours extrêmement morose. L’indice PMI manufacturier pour le mois de mars est ressorti à 44.0, soit inférieur à celui de l’Italie et de l’Espagne (respectivement à 44.3 et à 44.2) tandis que le secteur des services poursuit sa contraction, à un rythme le plus rapide depuis quatre ans. Selon les données publiées ce matin par Markit, l’indice des services a chuté à 41.3 en mars contre 43.7 en février et un consensus à 41.9.

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que toutes les enquêtes d’opinion menées dans le pays montre une dépression collective sous l’effet du choc économique. Frôlant avec la récession, et incapable de redresser la barre, la France parvient cependant encore à conserver la confiance des marchés financiers.

La raison est simple: face à des pays aux finances publiques désastreuses, faisant face à une crise bancaire et/ou à une crise immobilière comme l’Espagne, Chypre ou encore la Slovénie, la France reste une valeur sûre pour les investisseurs du monde entier. La possibilité offerte à la France d’emprunter à des coûts extrêmement bas souligne ainsi le différentiel croissant entre les pays core, principalement la France et l’Allemagne, et les pays périphériques de la zone euro.

L’unité européenne, qui prévalait il y a encore quelques années, n’est désormais plus qu’un lointain souvenir. Toutefois, bien que la France conserve encore la confiance des marchés, de plus en plus d’analystes s’inquiètent du manque de réformes engagées dans le pays. La Une de The Economist représentant la France comme une bombe à retardement est désormais entrée dans les annales. D’autres, comme l’Américain Business Insider, ont ainsi récemment affirmé que le pays constitue le vrai danger pour l’Union monétaire. La confiance apparente des investisseurs vis à vis de la France cache surtout une défiance croissante vis à vis des pays périphériques. De fait, en l’absence de réformes promptes à relancer la machine économique, le pays pourrait à terme subir l’assaut d’investisseurs exaspérés par les atermoiements de Paris et qui se réfugient sur les obligations allemandes.

Mario Draghi, qui doit intervenir cet après-midi, devrait une nouvelle fois commenté les mauvais chiffres européens, soulignant comme il le fait depuis des mois que la BCE ne peut pas se substituer à l’action des gouvernements qui doivent réformer pour relancer l’activité. La France sera directement visée.
 

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