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La livre sterling en nette hausse après les propos d’un membre de la BoE

Surprise que l’analyse technique n’était certainement pas en mesure de prévoir: après une semaine relativement médiocre pour la devise britannique, un net rebond a été entamé aujourd’hui à la faveur des propos de l’économiste en chef de la BoE, Spencer Dale. Ce dernier a très clairement affirmé que la banque centrale britannique devrait augmenter ses taux directeurs dans cette période d’incertitude économique pour le Royaume-Uni.

Résultat, la livre sterling a atteint immédiatement son plus haut niveau depuis près de deux mois face à la monnaie unique européenne, à 86.71 pence, soit une progression de 0.6% par rapport à son niveau de clôture vendredi dernier.

Cependant, ces propos ne devraient pas avoir d’effets durables sur le taux de change de la monnaie britannique. En effet, lors de la publication du dernier compte-rendu de la BoE, les lignes étaient toujours très marquées entre les membres du Comité de politique monétaire mais, dans l’ensemble, une large majorité, conduite par le gouverneur King, plaide en faveur d’un maintien de la politique monétaire actuel, ce qui, dans un contexte de relèvement des taux de l’autre côté de la Manche, pèse évidemment sur le dynamisme de la livre sterling.

Du point de vue de l’analyse technique, le rebond d’aujourd’hui suite aux propos de Dale devrait surtout apparaître comme un épiphénomène.

Justement, de l’autre côté de la Manche, l’optimisme n’est guère au rendez-vous dans ces premiers échanges européens. La monnaie unique européenne a chuté face aux valeurs refuge, surtout face au franc suisse, alors que des doutes persistent sur la crise souveraine. Face à la monnaie helvétique, l’EUR a atteint un plus bas historique à 1.2349 francs tandis que face au dollar, la devise a atteint un plus bas niveau depuis deux mois.

Un nouveau regain d’inquiétudes concernant une éventuelle contagion de la crise a fait jour aujourd’hui, après que l’Italie ait vu la perspective de sa note souveraine passée de stable à négatif par l’agence Standard & Poor’s. Suite à cette annonce qui pourrait attirer l’attention des marchés sur la troisième économie de la zone euro, deux sources gouvernementales ont révélé que le gouvernement Berlusconi va dévoiler dans le courant du mois de juin de nouvelles mesures de réduction des déficits représentant de 35 à 40 milliards d’euros. Cette dégradation de la note souveraine semble avoir précisé légèrement le calendrier gouvernemental.

Enfin, les gouvernements en place font face à un mécontentement de plus en plus massif de la population. Le parti de Zapatero en Espagne a fait son plus mauvais score depuis près de trente ans aux dernières élections municipales tandis que la CDU d’Angela Merkel paie son soutien à la Grèce et aux autres pays en difficulté en finisssant troisième lors d’une élection dans un länder. Ce revers électoral devrait forcer encore plus la chancelière à adopter une position populiste au sujet de la crise souveraine.

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