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La revue écofin du 2 février 2012

Les éléments clefs
 

• Un mois de janvier brillant pour le marché des obligations
• Facebook vaut-il 100 milliards de dollars?
• La fusion entre NYSE Euronext et Deutsch Börse rejetée par Bruxelles
 

L’analyse du jour
 

Un mois de janvier brillant pour le marché des obligations
 
Janvier 2012 s’inscrit parmi les mois les plus brillants jamais enregistrés sur le marché du crédit en euro alors qu’il avait dû quasiment fermer ses portes près de six mois avant la fin de l’année 2011 en raison de la crise de la dette souveraine. L’accalmie depuis janvier sur le marché des emprunts d’Etat, malgré les récentes dégradations de plusieurs pays de la zone euro par les agences de notation, a réveillé l’appétit pour les actifs risqués, pour les obligations d’entreprises plus que pour les actions.
 
L’embellie est-elle durable ?
 
Les interrogations sur la durée de l’embellie se multiplient. Selon Bill O’Neill, directeur des investissements chez Merrill Lynch Wealth Management, ce mois de janvier est réellement excessivement optimiste.
Un retour de bâton pourrait se matérialiser à la faveur d’une nouvelle dégradation de l’Italie, estime-t-il, en relevant que le “rallye” sur les actifs risqués s’est accompagné d’une stabilité de l’obligation souveraine allemande, le Bund, référence de la zone euro, qui ne se dément pas, trahissant ainsi la volonté de maintenir une dose suffisante de sécurité dans les portefeuilles ou les bilans.
 
Nous clôturons janvier sur une superbe performance pour le marché du crédit. Les chiffres sont impressionnants. Nous avons enregistré le cinquième meilleur mois en termes de resserrement des spreads“, selon un responsable de la stratégie crédit chez Société Générale.
 
Les marchés attendent désormais la seconde opération non conventionnelle à trois ans de la Banque Centrale Européenne (BCE) programmée pour le 29 février.
 
Facebook vaut-il 100 milliards de dollars?
 
Répondre à cette question implique une analyse fine qui n’est pas possible tant que le document d’offre n’est pas disponible. De quelles indications disposons-nous ?
 
Les revenus de Facebook seraient de 4 milliards de dollars en 2011. Certes, on semble nous en annoncer 7 en 2012, mais il est un peu tôt pour se baser sur ce chiffre. A ce niveau, l’opération se baserait sur un prix de 25 x les ventes. Aucune émission d’actions n’a atteint ce niveau de « richesse ».
 
Quelle sera la croissance de Facebook ? On attend les prévisions des analystes, mais tout porte à croire que la société devrait connaître une croissance très supérieure au secteur pour justifier cette évaluation. Or, la croissance est essentiellement fonction de la publicité « ciblée » que Facebook vend aux annonceurs.
 
Quelle est la rentabilité de Facebook ? Les documents font état d’ 1 milliard de dollars de bénéfices en 2011. Cela nous donnerait donc une évaluation de Facebook a 100 fois ses bénéfices nets. Cela représente entre 3 et 4 fois les multiples du secteur. Mais par rapport à LinkedIn qui a un ratio prix/bénéfices de 1.429, cela semble presque généreux.

 

Le mécanisme de l’opération mérite d’être rappelé :
 
5% des actions sont mises sur le marché. Cette technique connue sous le nom de « création de rareté » a pour effet une hausse substantielle dans les jours qui suivent la première cotation mais qui n’a qu’un temps.
 
LinkedIn, le « petit » concurrent de Facebook, a connu ce phénomène d’emballement, avec un cours qui a monté le premier jour de 100 à 122$. Il est retombé depuis à 71.8 dollars.
 
Les autres actionnaires, et en particulier le personnel, devront attendre probablement six mois avant de pouvoir vendre en bourse. Ce délai permet de maintenir un niveau de cotation stable. Mais à l’issue de ces six mois, le marché pourrait voir se déverser un multiple de l’offre publique, et le cours se déprécier.
 
La fusion entre NYSE Euronext et Deutsch Börse rejetée par Bruxelles
 
La création de la plus grande Bourse mondiale devra attendre. La décision de l’Union européenne, mercredi 1er février, de bloquer la fusion entre l’opérateur boursier transatlantique NYSE Euronext et la Bourse allemande Deutsche Börse n’a guère surpris. La Commission européenne a estimé que cette fusion aurait considérablement nuit à la concurrence. Le commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia, avait donné le ton, ces dernières semaines, en multipliant les déclarations pour convaincre la Commission européenne de s’opposer au projet.
 
Les deux Bourses, qui opèrent à New York, Paris, Francfort, Londres, Bruxelles, Amsterdam ou encore Lisbonne, peuvent toutefois faire appel de cette décision devant la Cour de justice de l’Union à Luxembourg, mais la procédure prendrait sans doute entre un et deux ans, un délai susceptible de remettre en question la logique économique du projet.
 

Scénario du jour
 

Aujourd’hui aux Etats-Unis, nous attendrons à 14h30 la revendication du chômage attendu à 377K personnes au lieu de 373K la semaine dernière.
 
Rappelons qu’une augmentation du chômage a un impact négatif sur la monnaie du pays.
 
A 16h00, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine, témoignera à Washington, sur l’état des perspectives économiques et les marchés financiers. Ses commentaires peuvent déterminer une tendance positive ou négative à court terme.
 
La parité EUR/USD a validé hier un retour au dessus de 1.31 et reteste actuellement la résistance située à 1.32. Les indicateurs sont globalement haussiers.
 
Un maintien du cours au dessus de 1.31 confortera notre sentiment haussier sur la parité.

 

Par William Durandet

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