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La revue écofin du 23 mai: Le marché des changes à l’heure bruxelloise

Les éléments Forex clés

– Les chiffes économiques américains toujours aussi bons

– Quand un économiste de renom prône une sortie de la Grèce de l’UE

– Croissance au menu du Sommet de Bruxelles

Malheureusement pour nous, les chiffres américains publiés hier étaient très bons, les ventes de logements ont en effet progressé. Conséquence immédiate, regain de force du billet vert sur le Forex. L’économie américaine est bien la plus solide par ces temps de crise, elle est la seule à annoncer régulièrement des statistiques honorables et c’est en conséquence que sa monnaie s’apprécie. Elle fait figure de roc en comparaison à la situation en Europe, au Japon et au ralentissement relatif de l’économie chinoise.

Cependant, si les chiffres américains ont eu une influence certaine, c’est surtout les propos de l’économiste Nouriel Roubini qui ont été commentés dans les salles de marché depuis hier. Prenant à contre-pieds de nombreux confrères et surtout l’UE, l’économiste a en effet affirmé que la meilleure chose à faire pour la Grèce est de sortir de la zone euro afin de relancer sa croissance économique. Sans cela, il prédit au moins cinq années de récession lourdes ce qui est évidemment impossible à imposer de force à une population entière. Celui qui avait anticipé la crise financière de 2007/2008 plaide donc pour une “sortie négociée” de la Grèce. Conscient des conséquences imprévisibles pour la zone euro dans son ensemble, il est toutefois optimiste, considérant que la zone, si elle se renforce d’un point de vue politique et offre de vrais moyens à la BCE, survivra.

Ces propos n’ont pas provoqué de remous majeurs sur le Forex où l’euro s’inscrivait ce matin toujours en-dessous de 1.27 après sa chute d’hier après-midi. Toutefois, une sortie de la zone euro de la Grèce aurait certainement des conséquences majeures sur le marché des changes. Elle se traduirait par une dégringolade de l’euro, qui pourrait s’inscrire en-dessous de 1.20, et aussi par des surachats de dollars et de yens, ce qui compliquerait encore plus la reprise économique aux Etats-Unis mais surtout au Japon où les autorités apparaissent bien démunies face à la force du yen sur le marché des changes.

Si dans les couloirs des ministères, les propos de Nouriel Roubini ont été forcément très commentés ce matin, nul doute que les dirigeants européens qui se réunissent aujourd’hui à Bruxelles éviteront d’aborder la sortie de la Grèce de l’eurozone. Officiellement, au menu des discussions, la relance de la croissance dans la zone euro qui devrait opposer magistralement les conceptions française et allemande. Parmi les points de frictions, les fameux eurobonds. On notera que l’Autriche, qui se démarque de plus en plus de Berlin, a plaidé pour leur introduction. Autre point de conflit, le rôle de la BCE puisque la Pologne a relancé le débat à ce sujet lundi en évoquant la nécessité pour Francfort de mettre en place un vrai pare-feu avant la sortie de la Grèce de la zone euro. Du côté de Varsovie on anticipe déjà cette sortie comme une réalité.

Les investisseurs du marché des changes veilleront avec attention aux différents commentaires en marge du Sommet. Toutefois, sauf surprise majeure, il ne faut pas s’attendre à des décisions concrètes.

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