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La situation en Chine et au Japon

La Banque du Japon, (BoJ) a cédé devant la pression politique massive du gouvernement et a rajouté de nouvelles mesures quantitatives d’allègement monétaire par un vote de 5 contre 2.

L’objectif est de baisser les taux d’intérêts de long terme en étendant ses opérations de financement à 0.1% de 10 à 20 trillions de Yen.

La BoJ a en revanche été unanime pour laisser son taux d’intérêt à 0.1%et pour maintenir son estimation économique. L’explication de la décision, qui est adjointe à celle-ci, a été Presque mot pour mot une répétition de l’explication de la dernière décision, mettant en avant le rythme allant en diminuant de la déflation et les conditions financières qui continuent à s’améliorer, alors que le chômage continue à rester très élevé et ne devrait pas baisser dans un avenir proche.

Pour ce qui concerne les prévisions inflationnistes, le comité en charge de la politique de la BoJ a noté que la hausse des prix des matières premières risquait de pousser celle-ci à la hausse. Dans ce contexte, l’augmentation de 10 trillions de Yen des opérations de financement semble donc inutile et il est donc clair comme de l’eau de roche que cette mesure n’est qu’une réponse à une pression politique plutôt qu’un véritable effort pour combattre la déflation.

Au vu du fait que l’économie japonaise est la deuxième du monde, on ne peut qu’espérer que toutes ces interférences politiques n’auront pas de conséquences négatives trop importantes dans l’économie réelle.

En Chine, le ministère du commerce a remarqué que l’intérêt actuel autour du Yuan ne devrait pas améliorer le climat des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Ces commentaires suivent une déclaration du Sénat des Etats-Unis menaçant la Chine de sanctions si elle ne réévalue pas le Yuan, mettant encore pus de pression sur le ministère des finances américain de faire quelque chose à ce sujet.

Comme nous avons eu déjà l’occasion de le dire à plusieurs reprises ces derniers jours, on reste stupéfaits par le fait qu’un pays comme les Etats-Unis poursuit avec tant de vigueur une politique commerciale dénuée de sens économique, en plus au prix de tensions avec la Chine. Politique, politique, quand tu nous tiens…

Le 15 avril prochain, le ministère des finances américain publiera un rapport semi-annuel sur les devises qui pourrait déclarer la Chine comme étant une « manipulatrice de devises », bien que le Secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, ait annoncé aujourd’hui que son ministère ne pensait pas que la Chine méritait un tel statut.

De son côté, le conseiller au Conseil d’Etat chinois, Xia Bin, a annoncé que la Chine ne vendrait pas ses obligations américaines malgré les frictions commerciales et concernant le Yuan, mais a rajouté lui-aussi que le Yuan ne devrait pas être accusé de causer des « déséquilibres commerciaux ».

Comme nous l’avons expliqué récemment, le simple concept de « déséquilibres commerciaux » est une fraude, mais il permet de garder les politiciens occupés, alors tant mieux pour eux et tant pis pour nous.

La Banque mondiale (BM) a relevé son pronostic de la croissance chinoise pour cette année, augmentant la prévision de croissance de 8.7% à 9.5% et l’inflation de 2.0% à 3.7%, contre des prévisions officielles de 8% de croissance et de 3.0% d’inflation. 

La BM a aussi dit qu’un Yuan fort pourrait limiter les attentes inflationnistes, même si elle ne prévoit pas d’inflation trop forte de toute façon. Elle a également mis en garde la Chine devant une bulle immobilière spéculative, et a encouragé le gouvernement à prendre des mesures macro-économiques plus serrées en 2010. Les exportations chinoises devraient rester fortes à court terme, mais la situation au deuxième semestre de cette année reste très peu claire.

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