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Le come-back réussi de Jacob Frenkel, ancien gouverneur de la Banque d’Israël

Jacob Frenkel a de nouveau été nommé gouverneur de la Banque d’Israël par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et par le ministre des Finances Yaïr Lapid. Considéré comme le meilleur gouverneur jusqu’alors, pourquoi est-il rappelé par le gouvernement? Israël semblait pourtant ces dernières années être dans une situation économique confortable. Pourtant, des difficultés se profilent.

Gouverneur de la Banque Centrale israélienne, ou Banque d’Israël, de 1991 à 2000, date à laquelle il avait démissionné, Jacob Frenkel est célébré notamment pour avoir libéralisé les marchés financiers israéliens, assoupli le cours du shekel (la devise israélienne), et intégré Israël dans la globalisation. Mais il a également combattu l’inflation à travers notamment une politique de rigueur monétaire. Il était notamment parvenu à faire chuter l’inflation israélienne de 19% en 1991 à 1.1% en 200. Succédant à Stanley Fisher qui s’était permis d’abaisser le taux directeur à 1.25%, Jacob Frenkel portera un œil particulièrement vigilant à l’inflation.

En Israël, en dépit de la crise qui sévit dans le monde, la croissance se poursuit. Ainsi, une croissance de 3.8% est prévue pour 2013, et le dernier indice de prix à la consommation, paru en mai dernier, indique une inflation inférieure à 1%! C’est donc un pays en parfaite bonne santé dont hérite Jacob Frenkel, dans les grandes lignes tout du moins.

En effet, le 14 juillet 2011 se formait la révolte des tentes. Ce mouvement social israélien a occupé le boulevard Rothschild de Tel-Aviv jusqu’au début de septembre. Les témoignages convergent pour dénoncer une hausse des prix de l’immobilier et des loyers entre 30 et 40% de 2007 à 2011. Les magnats de l’immobilier justifient cette progression par la baisse drastique des taux d’intérêt. Jacob Frenkel agirait-il sur ce point? Pas sûr! Partisan de l’ultralibéralisme, il pourrait très bien argumenter que le marché de l’immobilier israélien établit un nouvel équilibre à un prix plus important. En effet, bien que les prix aient monté en valeur nominale, il est montré qu’ils ont diminué en valeur réelle, face à la montée des salaires et la baisse des taux d’intérêt israéliens.

D’autre part, le shekel est jugé comment étant trop fort. En effet, d’un part, la plupart des grands pôles commerciaux font chuter leur monnaie afin d’exporter plus facilement ou réduire en valeur les sommes de leurs endettements ; c’est le cas des Etats-Unis ou encore du Japon. L’économie israélienne dont la situation financière est stable est fortement handicapée par ce jeu mondial puisqu’elle dépend fortement de ses exportations. Une monnaie forte facilite les importations mais rend les exportations non compétitives dans les pays clients. Ainsi, la balance commerciale passe de 4.2 Mds USD à -4.5Mds USD de 2011 à 2012 selon les estimations de la Banque Mondiale.

Le faucon israélien de retour s’engagera-t-il dans cette guerre des monnaies? Le pari n’est-il pas risqué face à une bulle immobilière prête à exploser? Décidemment, ce mandat semble réserver bien des difficultés au vétéran qu’est Jacob Fenkel.

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