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Le dinar tunisien pourrait ne pas résister longtemps à la révolution démocratique

Pour l’instant, sous l’effet probablement de la main invisible de la banque centrale tunisienne, le dinar tunisien a bien résisté au vide politique qui a suivi la fuite du président Ben Ali. En dépit de la formation d’un gouvernement de transition, la révolution continue dans les rues des grandes villes de Tunisie ce qui a pour effet de paralyser l’économie.

Suite à la chute de Ben Ali, et à son départ avec 1.5 tonne de lingots d’or selon les services secrets français, les agences de notation internationales ont rapidement revu la note souveraine du pays, arguant du chaos politique qui règne à l’heure actuelle. Moody’s fut la première le 19 janvier dernier à abaisser d’un cran la note de la Tunisie, la faisant passer de « Baa2 » à « Baa3 » avec perspective négative ce qui implique qu’une nouvelle dégradation n’est pas à exclure si le calme ne revient pas rapidement dans le pays.

Pour autant, la Tunisie a encore largement les moyens de se financer et de payer ses créanciers. En effet, la dette de la Tunisie est en constante baisse depuis 2003, lorsqu’elle avait atteint 55.6% du PIB. D’après les premières projections, la dette devrait être autour de 39% en 2010 avec une croissance en légère hausse à 3.8%.

Le pays et la population sont endettés mais ils peuvent encore faire face.

C’est peut-être ce qui explique en partie la bonne tenue du dinar tunisien sur le marché des changes depuis fin décembre. Les évènements qui ont conduit à la fin de la dictature n’ont que très peu pesé sur le cours légal du dinar. Deux éléments sont à souligner: d’abord le fait que le pays connait une bonne croissance et qu’il n’est pas trop endetté et, d’autre part, le fait que la banque centrale a pour habitude d’intervenir sur le marché des devises.

A l’heure actuelle, le dinar est autour de 1.9300 TND pour un euro. Faible, le dinar l’est depuis le début des années 80, lorsque la banque centrale a pris pour décision d’influer à la baisse sur la monnaie du pays afin de favoriser le commerce international et les entreprises exportatrices. En raison du succès de cette politique, la dépréciation du dinar fut plus faible à partir des années 90. Une certaine stabilité fut même pointée du doigt par les observateurs.

Cependant, le dinar tunisien pourrait rompre rapidement avec cette longue période de relative stabilité si les troubles se poursuivent et si le gouvernement de transition continue d’être contesté.

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