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Le dollar au menu du G7 d’Istanbul

Les ministres des Finances du G7 se retrouvaient ce matin à Istanbul pour faire un point sur les mesures prises lors du sommet du G20 à Pittsburgh. Avec la crise économique, le G20 est devenu le nouveau forum économique mondial, supplantant considérablement le G7 dans ce rôle qu’il a tenu depuis de nombreuses années. La remise en question de l’utilité du G7 est telle qu’une déclaration commune à l’issue de la réunion pourrait, pour la première fois, ne pas être publiée. En tout cas, les ministres des Finances, accompagnés des gouverneurs des banques centrales, devraient probablement évoquer en détail l’affaiblissement depuis plusieurs semaines du dollar sur le marché des changes.

Bien qu’il ne fut pas au coeur des discussions à Pittsburgh, le dollar fut dans toutes les bouches. Depuis une quinzaine de jours, les autorités américaines s’évertuent à donner des gages de bonne volonté à leurs partenaires. En effet, elles sont soupçonnées de s’accommoder de l’affaiblissement du billet vert, qui permet de donner un coup de fouet à la reprise de l’activité économique. Cependant, puisqu’un tel discours est politiquement incorrect, Washington, par l’intermédiaire de Tim Geithner, rappelle fréquemment son soutien à une politique du dollar fort. Cette volonté affichée par les autorités américaines a au moins l’avantage de rassurer les européens qui s’inquiètent de plus en plus de l’appréciation de la monnaie unique européenne. Jean Claude Trichet et Christine Lagarde se sont d’ailleurs cette semaine publiquement ému de la faiblesse du dollar depuis plusieurs semaines.

D’abord réfractaire à un intervention sur le marché des changes, le nouveau ministre des Finances japonais, M. Fujii, s’est rallié à la possibilité d’une intervention de la banque centrale dans un revirement qui a pris de court en début de semaine le marché. Les principales devises, le yen, le franc suisse et l’euro, n’ont cessé de s’apprécier au cours des dernières semaines face au dollar. D’abord exclues par de nombreux pays, les interventions sur le marché des changes ont repris avec l’intervention présumée mercredi dernier de la Banque Nationale suisse afin de freiner l’appréciation du franc suisse. Ces interventions ont toutefois un effet très limité sur le taux de change des devises.

Bien qu’évoluant toujours à un niveau très élevé par rapport à la devise américaine, les principales monnaies du forex ont enregistré des pertes parfois importantes cette semaine. Sous l’effet de l’intervention de la banque centrale, le franc suisse s’est incliné de 150 pips face à l’euro tandis que la livre sterling et la monnaie unique ont été fragilisées par la correction des marchés. L’EUR/USD a perdu près de 150 pips tandis que le GBP/USD a cassé nettement les 1.60.

Les devises liées aux matières premières (rand sud africain, rouble, dollar des antipodes) ont également souffert de la baisse des prix du baril de pétrole qui s’est replié sous les 70 dollars et de la chute de l’once d’or en dessous du seuil de 1000 dollars.

Enfin, la publication des chiffres du chômage aux Etats-Unis a opéré un mouvement de repli sur les valeurs refuge, profitant largement au dollar. En effet, en septembre, les destructions d’emplois se sont encore accrues, poussant le chômage à 9,8% de la population active. Cette mauvaise nouvelle a fait chuter Wall Street vendredi, l’indice Dow Jones des valeurs industrielles baissant de 0,2% tandis que l’indice Nasdaq des valeurs technologiques cédait 0,5%.

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