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Le dollar trébuche sur des chiffres du chômage qui s’avèrent en réalité rassurants pour l’économie américaine

Les fondamentaux économiques ont habituellement assez peu d’influence sur les fluctuations journalières des devises, à condition que ces données ne soient pas américaines.

La publication des NFP (non-farm payrolls), qu’on appelle aussi rapport sur l’emploi et le chômage, a eu l’effet d’une bombe sur le marché des changes. La paire euro/dollar avait déjà connu un sursaut hier à la faveur des propos de Mario Draghi qui a laissé ouvert la porte à une baisse des taux directeurs, propulsant ce cross au-dessus de la résistance à 1.2900. Le mouvement haussier à l’oeuvre a été entretenu par les chiffres du chômage américain qui ont entraîné des ventes de dollars. En effet, les créations d’emplois ont été moins importantes que prévu par le consensus au mois de mars, à 88 000 postes contre 198 000. Les résultats décevants de l’enquête ADP, publiée lors de la séance de mercredi, auraient pourtant dû aiguiller les cambistes.

Cependant, d’un point de vue macroéconomique, et en regardant de près les détail de ce rapport, la situation du marché du travail américain s’améliore nettement. En effet, les sous-indices les plus importants (dans la construction ou encore les services aux professionnels et aux entreprises) sont ressortis très solide. Par ailleurs, dans de nombreux groupes démographiques essentiels, le taux de chômage a diminué nettement. Ainsi, le taux de chômage des 25-34 ans est tombé de 7.8% à 7.4% et, si on s’intéresse uniquement aux hommes de cette génération, il est tombé encore plus drastiquement de 7.7% à 7.1%. Enfin, les récentes données montrent également que les Américains sont désormais suffisamment confiants dans l’économie américaine pour enfin prendre leur retraite.

Toutefois, le marché s’est contenté des chiffres généraux et n’a donc pas perçu l’évolution positive de la trajectoire de l’emploi et du chômage aux Etats-Unis, ce qui explique le regain d’aversion au risque, qui a pénalisé par exemple le dollar australien, et les ventes massives de dollars américains depuis cet après-midi.

L’autre mouvement en cours sur le marché des devises est l’affaiblissement du yen face à ses principales contreparties, sous l’effet du bazooka sorti par la Banque du Japon hier. Bien que les économistes restent sceptiques sur les chances de l’archipel de sortir de la déflation d’ici deux ans, comme annoncé en janvier, les cambistes affichent un réel optimiste suite au renforcement et à la diversification des rachats d’actifs de la banque centrale. De fait, la baisse du yen fut généralisée avec une perte hebdomadaire de 3.77% face au dollar australien, de 4.22% face au dollar américain, de 5.33% face à l’euro.

Analyse technique:

EURUSD: La paire a gagné 1.29% en hebdomadaire, principalement grâce à la perspective d’une baisse des taux dans l’euroland et dans la foulée des chiffres décevants du marché du travail américain. L’euro a connu un point bas à 1.2745 jeudi, un plus bas de quatre mois, et un point haut à 1.3030 vendredi.

USDJPY: La paire a gagné 4.11% en une semaine, avec un gain de près de 3.52% seulement jeudi, sous l’effet des nouvelles mesures de la Banque du Japon. Le mouvement haussier a de fortes chances de se poursuivre tant que le marché croira que la banque centrale japonaise est en mesure de sortir l’économie de l’archipel de sa léthargie. L’objectif du gouvernement est de 100 yens pour un dollar.

GBPUSD: Le cross a gagné 0.66% sur la semaine, résultat des chiffres du chômage américain et du statu quo de la Banque d’Angleterre. D’une certaine manière, les cambistes ont semblé soulagé par ce statu quo. La paire a trouvé un point bas à 1.5034 jeudi, et un point haut à 1.5329 vendredi.

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