Press "Enter" to skip to content

Le futur bon élève de la zone euro tourne au ralenti

Seul pays de l’Union Européenne à ne pas avoir expérimenté la récession dans la foulée de la crise des subprimes, la Pologne est apparue pour plus d’un investisseur comme un véritable “havre de paix” au coeurs d’une Europe tourmentée tour à tour par la crise financière, la crise de la dette et la crise économique. L’exemple polonais était tellement mis en avant qu’il en devenait presque normal que le pays ne souhaite pas rentrer de si-tôt dans la zone euro.

Cependant, l’embellie n’aura pas fait long feu. Tout au long de l’année 2012, l’économie polonaise n’a cessé de ralentir jusqu’à atteindre seulement 1.9% de croissance au troisième trimestre sur un an contre 2.3% le trimestre précédent. Dans le détail, la situation est même inquiétante puisque le ralentissement provient d’une baisse de la demande domestique, sachant que les importations et les investisseurs se sont contractés au troisième trimestre de l’an dernier tandis que la consommation des ménages a faiblement augmenté de 0.2% sur la période.

Maintenant que la crise de la zone euro semble maîtrisée, grâce en partie au lancement du programme OMT par la BCE, on peut espérer que le retour de la croissance dans l’Union profite aussi à la Pologne avec une hausse du PIB estimée à 2.4% cette année avec un pic à 2.9% en 2014.

On a généralement attribué l’absence de récession à partir de 2008 en Pologne à la flexibilité de la politique monétaire mise en oeuvre par le pays qui a permis sur le court/moyen terme d’éviter au maximum les répercussions négatives de la crise. Afin de faire redémarrer une économie toutefois en ralentissement, la banque centrale a même enclenché un programme de baisse des taux qui, selon les récents commentaires du gouverneur Belka, pourrait prendre rapidement fin. A en juger par les perspectives économiques fragiles, une telle inflexion de la politique monétaire ne semble pas appropriée et, contraint par les réalités, le gouverneur sera certainement obligé de revoir sa copie et de baisser les taux d’ici la fin de l’année à 3.25%.

Sur le court terme, les propos jugés hawkish du gouverneur Belka ont apporté un peu de soutien à la monnaie polonaise, le zloty. La devise devrait encore profiter au moins pendant un semestre d’un retour manifeste de l’appétit au risque et de la confiance sur les marchés. Cependant, comme dit plus haut, la réalité économique polonaise va s’imposer, à savoir que la croissance est à la traîne et ne permet pas de rattraper le retard accumulé par le pays pendant la période soviétique. De fait, après cette phase, le zloty pourrait de nouveau chuter modérément, une chute contrôlée par la banque centrale.

 

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *