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Le marché obligataire prudent après la courte victoire de Maduro au Venezuela

Le successeur désigné par le défunt président Hugo Chavez, Nicolas Maduro, a remporté de justesse la victoire lors de l’élection présidentielle organisée le 14 avril.

Le candidat de gauche a gagné en recueillant seulement 50.7% des suffrages contre son rival Henrique Capriles qui a immédiatement réclamé un recomptage des voix. L’écart est beaucoup plus réduit que lors de la présidentielle d’octobre dernier à laquelle concourait le président Chavez qui l’avait emporté avec 55.07% des suffrages.

Le marché obligataire a réagi avec prudence suite à l’annonce des résultats. Selon des données compilées par Bloomberg, les obligations du gouvernement libellées en USD avec échéance 2027 ont décliné de 26 cents à 100.43 dollars tandis que le taux de rendement augmentait de trois points de base à 9.19%.

La possibilité d’une bataille judiciaire entre les deux candidats, sur fond de fraudes possibles, a poussé à la hausse les CDS (Credit Default Swaps) portant sur la dette émise par le Venezuela qui ont grimpé de deux deux points de base à 691. Juste avant l’élection, le 12 avril, les CDS avaient déjà connu une progression de 11 points de base.

Cela signifie que les investisseurs s’inquiètent de la tournure des évènements politiques dans le pays. Le risque politique demeure important, y compris maintenant que le président Chavez, connu pour les nombreuses nationalisations imposées, n’est plus aux commandes. L’institut Euromoney a attribué pour 2013 au pays un score de 33.41, en baisse, dans le cadre de son indice du risque pays sur une échelle de 100, ce dernier niveau désignant un risque pays nul ou quasi-nul.

Cependant, plusieurs analystes ont souligné que la courte victoire du candidat Nicolas Maduro pourrait en théorie le forcer à adopter une approche plus pragmatique qui avait été sa marque de fabrique lorsqu’il occupait le poste de ministre des Affaires Etrangères. Il s’est cependant démarqué de cette image au cours de la campagne électorale, n’hésitant pas à faire appel au mysticisme d’une partie de la population vénézuélienne pour remporter des suffrages.

Dans tous les cas, les marchés financiers s’attendent à ce que le gouvernement soit contraint d’imposer une nouvelle dévaluation monétaire au cours de l’année prochaine afin d’être en mesure de boucler le budget. Une dévaluation d’un tiers de la monnaie nationale, le bolívar, a eu lieu courant février dans un climat économique de plus en plus inquiétant pour les observateurs étrangers et qui est marqué par des pénuries en raison du contrôle strict sur les devises et les prix imposés par le gouvernement.

L’évolution du climat politique dans les prochains jours devrait conduire à une augmentation de la tension sur le marché obligataire, du moins tant qu’un nouveau recomptage des voix n’aura pas fait taire les craintes de fraude. Aux dernières informations, ce recomptage n’est pas prévu. Nicolas Maduro a en effet déclaré avoir remporté une “victoire juste et constitutionnelle” lors d’une intervention devant ses partisans.
 

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