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Le policy mix japonais porte ses fruits

L’indice Tankan du deuxième trimestre, qui est essentiel pour avoir une idée de la direction économique que suit l’archipel japonais, est ressorti gier positif, avec un saut de -8 à 4 points (contre une prévision à 3 points), une première après deux ans de résultats négatifs. C’est donc la preuve, pour certains, que le policy mix du nouveau gouvernement qui a pris ses fonctions en fin d’année dernière commence à sérieusement porter ses fruits.

Le policy mix japonais, qu’on appelle également Abenomics dans les milieux financiers, repose sur trois piliers:

– une politique monétaire expansionniste qui se traduit par un plan de relance sur 15 mois qui équivaut à deux points de PIB. Celui-ci est principalement axé sur les investissements publics afin de reconstruire les zones touchées par Fukushima. L’augmentation de ces investissements doivent permettre de soutenir l’emploi et le moral des ménages.

– une politique monétaire accommodante avec relèvement de la cible d’inflation à 2% et assouplissements avec pour conséquence une baisse du taux de change de la paire USD/JPY qui a récemment franchi le cap des 100 yens pour un dollar.

– des politiques actives de croissance mises en place pour soutenir les exportations japonaises, réduire les inégalités, augmenter les salaires, attirer les investissements directs à l’étranger et ainsi améliorer l’image de la troisième économie mondiale en mettant en avant la compétitivité des entreprises

Ce cocktail sur-puissant a permis des résultats visibles. Le yen s’est effondré depuis janvier face à ses principales contreparties, avec une hausse des exportations permises ce qui améliore les perspectives de croissance. Dans la même ligne, le Nikkei 225 a battu des records au printemps avant de commencer à refluer à l’approche de l’été. Les fondamentaux économiques s’améliorent: on l’a vu avec l’indice Tankan, mais aussi les chiffres des exportations, de l’inflation, de la production industrielle, ou encore de la confiance des ménages.

Cependant, le défi à relever pour le Japon reste immense après quasiment deux décennies de déflation. La réussite du policy mix japonais, tant vanté par les investisseurs, dépendra surtout de la crédibilité vis à vis des investisseurs de la Banque du Japon qui doit tenir son objectif d’inflation à 2% et de la capacité du gouvernement à inciter les entreprises à augmenter les salaires. La clé pour permettre une hausse des prix à 2% est en effet de passer par une hausse des salaires durable, avec un effet direct sur les anticipations d’inflation de la part des agents économiques. Selon les estimations, la cible d’inflation pourrait être atteinte en 2014 grâce à la hausse prévue de la TVA, qui permettra au passage des rentrées fiscales plus importantes pour un gouvernement sur-endetté. Mais il faudra que ce cyle vertueux soit pérennisé ce qui n’est pas encore certain. D’où probablement la prudence des investisseurs financiers depuis quelques semaines.

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