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Le rouble face à la crise économique mondiale

Depuis le début de la crise économique, la Banque centrale russe a cherché à éviter une déstabilisation de l’économie russe en procédant à des dévaluations nombreuses, souvent à un rythme de plusieurs fois par semaine, notamment au début du mois de janvier 2009. Ces dévaluations graduelles et successives qui se sont enchaînées avaient pour but d’empêcher un regain d’inflation, sachant qu’à la veille de la crise elle était déjà à un niveau très élevé, aux alentours de 14%.

Cependant, l’impact de cette politique menée par la Banque centrale russe, et abandonnée à demi mot à la mi janvier, a eu, paradoxalement, pour effet d’accentuer la pression à la baisse sur la devise russe sur le marché des changes. De plus, alors que la Russie a, grâce à la forte croissance économique depuis 1999, connu un surplus de sa balance de transactions courantes, lui permettant d’occuper le troisième rang mondial en termes de réserves de devises étrangères, la politique de soutien du rouble a fait fondre les réserves de la banque centrale, sans pour autant obtenir l’effet escompté.

Après la forte dévaluation du rouble en août 1998, afin de faire face à la crise asiatique, la devise russe s’est progressivement renforcée sur le marché des changes à la faveur d’une remontée des prix des matières premières, notamment des hydrocarbures. Cependant, l’inconvénient d’une économie rentière, telle que l’économie russe, est que le taux de change de la devise nationale est étroitement liée à l’évolution du cours des matières premières. Si les prix sont trop élevés, la banque centrale est souvent contrainte d’augmenter ses réserves afin d’atténuer les pressions à la hausse sur la devise. Ce fut notamment le cas cet été quand le baril de pétrole a flirté momentanément avec les 130 dollars.

Cependant, avec la crise économique et la chute du baril de pétrole de 130 à environ 40 dollars en l’espace de quelques mois, l’économie russe a été totalement chamboulée. La Banque centrale a été confrontée à une situation difficile, avec de fortes pressions à la baisse sur le rouble ce qui a nécessité la mise en place d’une gymnastique compliquée.

Pour la Banque centrale russe, qui a décidé de laisser filer le cours du rouble sur le marché des devises, peu d’options se présentent. Du moins, chaque option implique des sacrifices énormes, sacrifices auxquels ne sont certainement pas toujours prêt les dirigeants du Kremlin.

A moyen terme, une dévaluation importante pourrait en effet aider l’économie russe bien qu’à court terme une telle décision aggrave fortement une inflation déjà importante, ce qui aurait des effets dévastateurs socialement. Une telle solution semble apparemment inacceptable à l’heure actuelle d’où un certain attentisme des autorités monétaires russes. Sur le long terme, l’objectif doit être une amélioration de la compétitivité de l’industrie russe et une diversification du tissu industriel afin de réduire la dépendance de l’économie russe et du rouble à l’évolution du cours des matières premières. Sur ce dernier point, il semble qu’il y ait un consensus des autorités russes puisque le président Dmitri Medvedev a appelé de ses voeux, lors d’une réunion le 20 février à Irkoutsk, à « diversifier l’économie, développer les infrastructures et renforcer le système financier ».

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