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Le vrai problème de la zone euro n’est pas bancaire mais monétaire

Nouveau choc pour les marchés financiers hier à l’approche de la clôture en Europe lorsque le président de l’Eurogroupe, Jeoren Dijsselbloem, a eu le tact d’affirmer que Chypre pourrait servir de modèle pour les prochaines crises bancaires qui pourraient, au passage, ne pas attendre des années avant d’émerger.

En d’autres termes, les dépôts ne sont plus sanctifiés, comme ce fut pourtant le cas depuis des décennies, lors de la gestion d’une crise bancaire. Un tel sentiment d’insécurité permanente ne devrait certainement pas rassurer les Espagnols ou les Italiens qui s’inquiètent de l’état financier de leurs banques.

Il faut cependant reconnaître que le plan trouvé pendant la nuit de dimanche à lundi rend la dette chypriote beaucoup plus soutenable qu’elle n’aurait pu l’être avec un prêt de la part du FMI ou un accord similaire.

A l’austérité et aux réformes structurelles qui prennent place sur le continent, il faut maintenant ajouter la possibilité que les dépôts ne soient plus totalement en sécurité. Les petits déposants à Chypre ont été finalement épargnés par la taxe mais le modèle est désormais en place. Les dépôts ne sont plus intouchables.

Avec la crise chypriote, il est aisé de se rendre compte que la crise que traverse l’Europe est loin d’être arrivée à terme. Cependant, malgré toutes les gesticulations des responsables européens, personne ne s’est attaqué au vrai problème de la zone euro, à savoir la structure monétaire imparfaite de l’Union. Tous les derniers remous, que ce soient en Grèce, en Espagne ou encore à Chypre, montrent les conséquences de l’absence de flexibilité monétaire pour les pays membres de la zone.

C’est d’ailleurs en grande partie à cause de cela que le continent fait face à une telle crise souveraine (c’est pourquoi les banques chypriotes ont connu des difficultés à cause des obligations grecques par exemple).

Les Allemands aiment croire qu’ils sont ceux qui signent les chèques en Europe, ce qui est partiellement vrai, mais la réalité, c’est que ce n’est pas l’action des Allemands mais celle de la BCE qui a pu calmer depuis 2010 la crise souveraine européenne. En achetant massivement des obligations étatiques sur le marché secondaire, Francfort a su faire taire les craintes des marchés. C’est cela qui a réellement marché. Tous les autres efforts n’ont pas eu de vraies conséquences positives pour les investisseurs.

Parler de soutenabilité de la dette, de réformes, c’est évidemment bien mais c’est totalement passer à côté de l’essentiel. Ce qui doit être fait est d’abord lié à la politique monétaire. On en revient donc encore une fois au rôle de prêteur en dernier ressort de la BCE.
 

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