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Le yen poursuit sa chute!

Au plus bas de la semaine sur le forex mercredi à 129.34, l’euro vaut désormais 131.71 yens, soit une hausse de plus de 1.8% en quelques jours! Après un regain du yen face à l’euro la semaine dernière, les choses rentrent dans l’ordre et l’euro reprend le dessus. Le yen semble de nouveau en état de porter l’économie japonaise vers la sortie de crise.

Si la monnaie unique gagne à ce point sur le yen, c’est justement parce que le yen cherche à perdre en valeur. Le Japon disposant d’un territoire réduit, et par-là-même de peu de ressources naturelles, a très tôt orienté son économie sur la revente de produits manufacturés à haute valeur ajoutée. Ainsi, le yen faible réjouit les industriels puisqu’il permettra à ces industries de reconquérir des parts de marché. La preuve: se targuant aujourd’hui-même de bénéficier de la chute du yen, le numéro mondial de l’automobile, Toyota, revoit ses prévisions annuelles à la hausse (pour 12 milliards de profit), et Mazda repasse dans le vert! Quant au secteur du BTP, les mises en construction font un bond en avant, soutenu par le programme d’investissement public du gouvernement d’Abe.

Toutefois, il a été publié dans la nuit de lundi à mardi des chiffres indiquant le repli de l’industrie de l’archipel: -3.3% pour le mois de juin! La variation ne provient pas des stocks puisqu’ils sont restés inchangés. Les analystes du ministère de l’industrie japonaise (Meti) pensent que le phénomène est normal et qu’il devrait se produire un vigoureux bond en avant de l’ordre de 6.5% courant Juillet, des chiffres qui devraient être confirmés fin août.

Le taux de chômage publié le lundi matin a toutefois limité pendant la première partie de la semaine la chute du yen : les chiffres se sont effectivement révélés meilleurs que la stabilité attendue : 3.9% contre 4.1% pour les mois précédents. Il est connu que les japonais sont très friands des biens nationaux. Aussi, la hausse de la demande créée par l’emploi se répercutera davantage sur les industries japonaises que les autres, d’autant que le prix des importations est mécaniquement plus élevés.

Christine Lagarde a suggéré aux Etats-Unis ainsi qu’au Japon de “fixer leurs programmes de consolidation fiscale” au risque de subir un effet ricardien qui limiterait le rétablissement économique de la région Pacifique notamment. Si le Japon est en bonne voie avec les mesures récemment prises, il n’est pas encore sorti d’affaire. On est en droit de penser que la yen n’a pas fini de baisser!
 

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