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L’économie française se redresse mais n’est pas à l’abri d’une rechute

La Banque de France a relevé sa prévision de croissance à 0.2% au troisième trimestre en ce début de semaine, ce qui semble confirmer le retour lent de la croissance dans le pays. Notons cependant que ce retour de l’activité est certainement plus la conséquence immédiate d’une amélioration de la conjoncture internationale, avec un atterrissage en douceur pour l’économie chinoise en particulier, que de facteurs purement internes.

Le bilan de l’économie française apparait fragile du fait essentiellement de deux éléments: le poids de la dette publique qui représente cette année près de 56% du PIB et un marché du travail inefficace, incapable de renouer avec le plein-emploi. Le choix gouvernemental qui consiste également à faire reposer la plus grande charge des réformes et du nécessaire désendettement sur les ménages et les entreprises en accroissant la fiscalité (qui atteint un montant énorme de 46% du PIB!) n’est certainement pas pour favoriser la consommation et les investissements productifs. Au contraire, l’épargne de précaution, en attendant les futures hausses d’impôt, et l’accentuation de la baisse de la capacité d’auto-financement des entreprises françaises pourraient gripper la croissance.

Le scénario le plus probable à l’heure actuelle pour le pays n’est en aucune façon celui d’une rechute, mais plutôt celui d’une croissance molle donc incapable en soi de faire diminuer durablement le taux de chômage qui handicape lourdement l’activité économique et pénalise le système dans son ensemble. Seules des mesures ponctuelles, comme celles à destination des jeunes récemment prises, seront en mesure “d’inverser la courbe du chômage” mais sur le court terme et sans création durable d’emplois ou insertion réelle des populations les plus fragiles dans un marché du travail qui peine à se renouveler.

En théorie économique, on considère, en se référant à la loi d’Okun, qu’un certain niveau de croissance annuelle (autour de 1.8%) est nécessaire pour créer de l’emploi et diminuer le chômage. Cette construction empirique a le mérite de souligner la nécessité de renouer avec un rythme de croissance plus élevé afin d’assurer la pérennité des emplois actuels et de permettre l’intégration des nouvelles populations qui arrivent sur le marché.

La voie de court terme choisie par le gouvernement risque malheureusement plus de pénaliser une activité déjà insuffisante que de permettre de restaurer une croissance forte que les plus jeunes n’ont pu découvrir qu’à travers les cours d’histoire. La dynamisation de l’activité passe par une refonte de la structure économique, un allègement de la fiscalité et également des incitations étatiques à l’innovation afin d’enclencher un nouveau cycle de progrès technique dans la logique schumpétérienne. La France de 2013 est, au regard des évolutions récentes, loin de s’engouffrer dans cette approche.
 

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