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Les défis économiques du Royaume-Uni

La crise financière de 2008 a mis fin à une période de quinze ans de croissance continue au Royaume-Uni. Le pays a connu une baisse du PIB (six trimestres en repli), de l’emploi, un déficit budgétaire et une inflation plus forte que dans la majorité des pays européens. Des déséquilibres sont apparus: les prix des logements sont élevés alors qu’il y a une faible épargne des ménages. Il y a également une dépendance excessive vis-à-vis du secteur financier.
 Le gouvernement de coalition entre conservateurs et libéraux arrivés au pouvoir en 2010 a décidé de faire face à cette situation économique en optant pour une politique d’austérité avec des mesures fortes (augmentation de la TVA et de l’âge à la retraite, suppression importante de postes dans la fonction publique). Le Royaume-Uni s’est vu retirer pour la première fois depuis 1978 son triple A par l’agence Moody’s, accusant une récession au quatrième trimestre 2012.

Afin de réduire les effets de l’austérité budgétaire, une politique monétaire expansionniste a été lancée par la Banque d’Angleterre, maintenant les taux historiquement bas, et mettant en place une politique d’assouplissement quantitative relativement prudente, à hauteur de 375 Mds de livres. Cette politique a provoqué au Royaume-Uni une dépréciation de la livre face au dollar ainsi qu’une hausse de l’inflation avec un plus haut à 5.2% en septembre 2008 et 2011. La banque centrale doit faire un choix entre la lutte contre l’inflation et le soutien à la reprise économique, cependant historiquement la banque centrale à l’habitude de ne pas trop se préoccuper de l’inflation afin de soutenir sa croissance économique. Le Royaume-Uni a aussi bénéficié de la dépréciation de la livre qui a chuté de plus de 24% face au dollar depuis la crise, cela permet de renchérir les importations, en particulier celles des produits énergétiques et alimentaires.

Le 1er juillet prochain, Mr Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et ex-banquier de chez Goldman Sachs, succèdera à Meryn King aux manettes de la Banque d’Angleterre. 
Mr Carney a mené au Canada une politique monétaire non conventionnelle très accommodante depuis la crise de 2008, en inondant le marché de liquidités et en maintenant les taux directeurs très bas. 
Les investisseurs espèrent qu’il apportera des idées neuves afin de relancer l’économie. Lors d’une intervention publique au Canada, Mr Carney a mis en garde l’Europe contre le risque d’une décennie de stagnation si des réformes ne sont pas menées. Mark Carney s’est aussi montré prudent et moins révolutionnaire que prévu sur l’assouplissement quantitatif, pour lui la création monétaire devient de moins en moins efficace. Selon lui, un institut d’émission pourrait ainsi conditionner la politique monétaire à certaines données économiques (ex: la FED promet d’être laxiste tant que le niveau du chômage ne tombe pas en dessous des 6.5%).

Cependant, quelques signes positifs apparaissent. Le Royaume-Uni a enregistré une croissance de 0.3% au premier trimestre, évitant ainsi sa troisième récession depuis la crise de 2008. La croissance a été portée par l’évolution des stocks (due à un ajustement statistique), une hausse de 0.2% de la production industrielle, et une progression de 0.1% de la consommation des ménages. Cependant, l’économie du Royaume-Uni reste encore fragile, l’opposition travailliste accuse les mesures d’austérité de tuer la croissance, le FMI juge le pays encore loin d’une reprise solide, il conseille d’assouplir la politique d’austérité afin d’encourager la croissance. 
L’évolution de la situation économique du Royaume dépendra grandement des actes du nouveau président de la Banque d’Angleterre Mr Carney qui fera son entrée le 1er juillet prochain.
 

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