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Les devises d’Europe du Nord capitalisent sur les faiblesses de la zone euro

Il est courant d’assimiler la couronne norvégienne et la couronne suédoise lorsque l’on parle des monnaies de l’Europe du Nord. Bien que leur localisation et valeur soit proche (1€ = 7.49 couronnes norvégiennes = 8.37 couronnes suédoises), la situation économique de ces deux pays n’est pourtant pas exactement la même.

Les pays de l’Europe du Nord s’en sortent mieux que leurs homologues du Sud en période de crise, ce n’est pas un scoop, mais il reste indéniable que la situation de la Norvège est meilleure que celle de la Suède.

L’annonce du budget prévisionnel de la Norvège a de quoi laisser rêveur puisque la croissance anticipée pour 2013 est de 2.9% hors hydrocarbures et transport maritime, alors que l’excèdent budgétaire attendu est de 33.7 milliards d’euros (hydrocarbures compris). Ce n’est pas moins que le budget du ministère de la Défense français pour 2013, rien que ça. Cela permet de mieux comprendre pourquoi la couronne norvégienne n’a cessé de s’apprécier depuis 2008 (+25% environ). D’ailleurs la forte valorisation de la couronne norvégienne a été l’une des causes du ralentissement de la croissance au dernier trimestre 2012.

La Suède a une économie un peu moins florissante (bien que hors catégorie face à ses homologues de l’Europe du Sud). Les indicateurs économiques sont au vert mais la croissance reste plutôt faible, ce qui a conduit la banque centrale à maintenir ses taux directeurs à 1% afin de favoriser le crédit, donc l’investissement, et donc la croissance. De plus, le budget 2013 a permis à la Suède, afin de satisfaire au même objectif, d’augmenter les dépenses publiques tout en diminuant l’imposition des retraités.

Et l’euro dans tout cela?

Clairement, la situation économique en zone euro n’a rien à voir avec ces pays (à part peut être l’Allemagne, même si sa croissance commence à pâtir). Les pays sont majoritairement très fortement endettés, notamment à cause des plans de relance et de soutien aux banques, mais la croissance n’est pas au rendez-vous, au contraire. Selon certains économistes, cela pourrait prendre des années avant un retour de l’activité dans le vert. Les plus pessimistes voient eux une possible situation similaire à celle du Japon en croissance nulle (pour ceux qui n’anticipent pas directement la mort de l’euro). C’est tout de suite plus morose.

D’un point de vue monétaire l’euro s’est pourtant apprécié face à toutes les monnaies dépendantes du dollar américain, conséquence logique du quantitative easing de Washington.

Bien évidemment, ce n’est pas le cas face à nos deux pays nordiques qui n’ont pas eu recours à ce type de mesures dites “non conventionnelles”, et qui ont donc vu leur couronne s’apprécier fortement face à la monnaie unique depuis la fin de l’année 2008.

Depuis le début de l’année, la couronne suédoise a continué à s’apprécier face à l’euro, alors que la tendance est inverse pour la couronne norvégienne ; bon signe pour leurs exportations même si la tendance de fond semble rester en défaveur de la Norvège.

Puisque peu d’éléments permettent d’anticiper une reprise de l’activité économique en zone euro, la probabilité que l’euro reprenne du terrain face à nos deux monnaies est donc proche de zéro.

Il reste cependant deux cas possibles à moyen/long terme :

• soit les cross se stabilisent autour d’une valeur d’équilibre de long terme comme cela semble être le cas pour l’EUR/NOK entre 7.30 et 7.60 couronnes pour un euro.

• soit la tendance baissière reste d’actualité, ce qui ressemble plus à la configuration de l’EUR/SEK, en forte baisse depuis 2008 malgré un rebond au deuxième semestre 2012.

Voici ce que l’on peut anticiper à plus court terme :

• l’EUR/NOK a atteint la semaine passée son plus haut depuis septembre dernier et bute sur une résistance qui date de juillet 2012 à environ 7.50. Conformément à l’analyse long terme il est probable que le cours reparte à la baisse en direction de son support majeur de 7.30.

• l’EUR/SEK est clairement baissier depuis un mois, avec notamment une chute le 13 février au moment de l’annonce de maintien du taux de 1% de la banque centrale suédoise. Dans cette situation il est envisageable que le cours continue sa baisse avec un objectif de 8.25 (contre 8.37 actuellement) d’ici la fin du mois.
 

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