Press "Enter" to skip to content

Les enjeux de cette semaine sur le Forex

Dans sa newsletter hebdomadaire de vendredi dernier, notre partenaire Saxo Banque titrait: “La Grèce: principale zone d’ombre de ce début d’année“. La banque d’investissement n’a pas tort mais, force est de reconnaître que le dossier grec est quasiment clos. Il semble difficile, à l’heure actuelle, de voir comment il pourrait capoter. Le pays va bénéficier à temps d’une nouvelle aide qui lui permettra d’échapper au défaut de paiement en mars.
 

Le Portugal, vrai enjeu de ce début d’année
 

L’enjeu réel pour les marchés financiers et pour la zone euro réside en fait au Portugal. Comme nous le décrivions dans la revue écofin du 3 février, la situation financière du pays est loin d’être aussi catastrophique que celle de la Grèce. Le point commun des deux pays du Sud de l’Europe est qu’ils ont surtout des CDS en très nette hausse, signe que les investisseurs craignent un défaut de paiement sur le court terme.
Mais l’Europe, trop occupée à gérer le dossier grec et surtout le nouveau pacte budgétaire qui n’est ni supporté en l’état actuel par la BCE et les agences de notation, oublie ce pays. A tort. Un pourrissement prévisible de la situation, comme dans le cas grec, pourrait conduire le pays vers une renégociation de sa dette, ce qui pourrait alors repousser l’euro vers de plus bas. Un tel scénario, qui se précise de semaines en semaines, pourrait conduire comme l’a souligné Morgan Stanley dans une note de recherche la semaine dernière vers le niveau de 1.15, qui correspond, peu ou prou, au taux de change de l’euro face au dollar avant 2004.
 

Les Etats-Unis se préparent au pire…
 

Si l’engouement est encore au rendez-vous – rappelons que tous les indices européens ont fini la semaine en très nette hausse, avec une progression de 2.25% du CAC 40 en variation hebdomadaire – les économistes ne sont pas dupes. L’enthousiasme de janvier pourrait faire rapidement pschitt!. Les marchés ont très peu prêté attention la semaine dernière au discours du président de la Fed, Ben Bernanke. Pourtant, c’était l’évènement à ne pas rater. Le patron de la banque centrale américaine n’a pas caché ses craintes devant le Congrès, allant jusqu’à confirmer que “la crise financière européenne continue de menacer la reprise américaine“. “Nous prendrons toutes les mesures possibles pour protéger le système financier américain et l’économie” a-t-il ajouté devant les parlementaires. Faut-il comprendre que la Réserve Fédérale envisage un QE 3 dès que son Opération Twist aura pris fin dans quelques mois? Plus d’un expert a compris cela. Si ce scénario se réalisait, cela changerait considérablement la donne et pourrait notamment contre-carrer les prévisions très bearish de Morgan Stanley pour l’euro. Qui dit de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif, dit affaiblissement du dollar américain. En filigrane, ce serait une mauvaise nouvelle pour la zone euro qui ne pourra pas alors relancer son économie en comptant sur un euro faible, en pleine récession.
 

La zone euro prête à rentrer en récession
 

C’était l’autre nouvelle de la semaine dernière, encore une fois peu commentée dans les médias: la Belgique est la première économie de la zone euro à rentrer officiellement en récession après deux trimestres consécutifs de recul du PIB. On attend maintenant le Portugal qui pourrait rentrer en récession dès le premier trimestre de cette année, suivi par une cohorte de pays dont la France. Seule l’Allemagne pourrait échapper à une nouvelle récession. Par conséquent, les indicateurs macroéconomiques européens vont être à suivre de près dans les semaines à venir. Une place toute particulière sera à faire cette semaine aux chiffres allemands et français, à commencer par la production industrielle de la première économie de la zone euro qui doit être publiée à 12h demain. Suivront aussi le sentiment dans les affaires de la BdF et le déficit budgétaire de la France en décembre.
 

La BCE en ligne de mire jeudi
 

En ligne de mire, la réunion de la BCE jeudi et l’annonce probable du maintien des taux à 1% à 13H45. Le plus important, ce sera de suivre la conférence de presse de Mario Draghi. L’Italien ne devrait pas annoncer de nouvelles mesures, dans l’immédiat mais ses propos risquent d’avoir un impact notable sur les marchés. Il s’est d’ailleurs montré très critique dernièrement sur la démarche des pays de la zone euro, notamment en ce qui concerne le nouveau pacte budgétaire. Ses appréciations sur la situation grecque, et peut être aussi sur l’évolution du Portugal risquent de donner quelques indications sur la politique monétaire des mois à venir. Tout le monde espère évidemment des mesures d’assouplissement. Mario Draghi est certainement plus favorable à ce type de mesures exceptionnelles que son prédécesseur.

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *