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Les espoirs des cambistes douchés

Les day-traders ont été servis cette semaine. En jetant un regard sur le calendrier économique, peu d’évènements importants étaient attendus. Au demeurant, suite à l’activisme affiché par la Banque Centrale Européenne et au levé de rideau sur le système bancaire américain, les cambistes pouvaient afficher leurs espoirs d’une reprise prochaine de l’activité dans la plupart des pays occidentaux.

Toutefois, c’était sans compter sur la publication du rapport trimestriel sur l’inflation de la Banque d’Angleterre. Ce rapport alarmiste, présenté lors d’une conférence de presse par le gouverneur Mervyn King, a jeté un froid sur le marché des changes, pronostiquant l’entrée en déflation jusqu’à l’horizon 2011 de nos voisins d’outre manche. Un mouvement de défiance s’est rapidement emparé des investisseurs du marché des changes à l’annonce de cette nouvelle, faisant dégringoler la livre sterling face au dollar et à l’euro, avant qu’elle ne se reprenne progressivement en fin de semaine.

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, la fin de semaine fut marquée par le retour de l’aversion pour le risque sur le marché des devises au fur à mesure que les mauvais indicateurs économiques tombaient.

Plusieurs pays de la zone euro ont en effet annoncé leur entrée officielle en récession. Au premier trimestre, le PIB de la France a ainsi reculé de 1,2% tandis que celui de l’Allemagne a dégringolé de 3,8%, l’Espagne ne s’en tirant pas mieux avec une chute de 1,8%. La révision à la baisse des perspectives de croissance dans les principaux pays de la zone euro ont contraint à une révision des prévisions de l’ensemble de la zone monétaire, celle ci devant accuser une baisse de l’activité estimé à 2,5%. La zone euro semble ainsi s’en tirer plus mal que les Etats-Unis qui, ayant expérimenté la déflation au mois de mars, ont au moins pu se réconforter avec une hausse de l’indice de confiance des consommateurs américains, profitant au dollar en fin de semaine.

Le reste du monde n’est pas non plus épargné par ce « coup de froid », comme l’a titré le quotidien « La Tribune » dans son édition du week-end. En effet, le Japon a accusé au mois de mars 620 000 destructions d’emplois, du jamais vu, chiffres qui mettent à mal la cohésion de l’archipel. Pour autant, le yen ne fut pas affecté pas ces chiffres, capitalisant sur l’aversion pour le risque des investisseurs. De son côté, Hong Kong ne semble pas profiter des signes de reprise venus de Chine puisque la ville a enregistré au premier trimestre une contraction de 7,8% de son économie à cause d’une baisse des exportations et d’un affaiblissement de la consommation. Cet indicateur a contribué à affaiblir un peu plus le dollar de Hong Kong face aux autres devises du marché des changes. Enfin, afin d’enrayer la chute des exportations et les conséquences économiques de la grippe A, qui pèsent sur la santé du peso mexicain, la banque centrale du mexicain a opéré une cinquième baisse des taux, établissant le loyer de l’argent à 5,25%.

Pour autant, l’horizon n’est pas si obscur que cela puisque même si les investisseurs doutent de plus en plus d’une reprise rapide de l’économie dans les pays industrialisés, ils parient de plus en plus sur une reprise anticipée dans les pays émergents, notamment au Brésil. Profitant de la hausse récente du baril de pétrole, qui a redonné des couleurs à la Bourse de Moscou, et de la bonne tenue du prix des matières premières agricoles, le Brésil semble s’acheminer rapidement sur une sortie de crise qui a des effets très positifs sur le cours du real brésilien depuis le début de l’année. Le meilleur conseil à donner est certainement, à l’heure actuelle, de se placer sur le long terme sur les devises des pays émergents qui offrent un potentiel incroyable.

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