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Les taux d’intérêt agitent le marché des changes

Le Forex aura été la semaine dernière plutôt chahuté par les nouvelles contradictoires distillées jour après jour sur les taux d’intérêt des principales banques centrales.

En effet, le début de semaine s’était ouvert en hausse pour le dollar puisque les espoirs d’un relèvement des taux par la Fed animaient toujours le marché. Cependant, cet espoir s’est rapidement brisé, brisant en même temps l’élan du dollar sur le Forex.

C’est mardi que le dollar a connu un revirement avec la publication d’informations concordantes par le Financial Times et le Wall Street Journal. Ces deux journaux, à la réputation irréprochable, ont en effet affirmé que, contrairement aux attentes des traders, la Fed ne devrait pas relever ses taux avant plusieurs mois. Selon les deux journaux, les spéculations de relèvement des taux sont largement exagérées par le Forex et résultent d’une interprétation erronée des récents propos de Ben Bernanke.

Cette annonce a profité à de nombreuses devises sur le Forex, dont le real brésilien qui a battu un nouveau record en atteignant un niveau proche du sommet de 1999.

En revanche, les espoirs de relèvement des taux, en raison de la déferlante inflationniste, n’ont pas abandonné tous les cambistes. En effet, la Banque d’Angleterre pourrait être amené prochainement à relever ses taux. La publication des minutes de la dernière réunion de la Banque d’Angleterre, qui avait abouti au statu quo, a montré la réticence des membres à augmenter les taux alors que le marché des changes ne s’y attend pas. Ce souci de préserver la livre sterling est certes louable mais la Banque d’Angleterre ne devrait pas pouvoir faire longtemps l’économie d’un relèvement des taux comme l’a prouvé le rebond inattendu des prix de détail au Royaume Uni au mois de mai. La publication de ces chiffres a renforcé les spéculations et permis une embellie éphémère à la livre sterling jeudi.

Enfin, la BCE, qui n’a jamais fait mystère de lutter par tous les moyens contre l’inflation, devrait effectivement augmenter ses taux prochainement. Ravivant la directive Bolkenstein sur les services, Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, a affirmé vendredi que seule une croissance de la productivité du secteur des services dans la zone euro, permettant de limiter l’impact de la hausse du prix des matières premières, pouvait encore repousser un relèvement. Cependant, aucune hausse de la productivité n’est attendue pour l’instant.

L’accroissement du différentiel de taux entre la BCE et la Fed, qui pourrait résulter d’un relèvement en juillet par la BCE, a éveillé l’inquiétude de Royal Bank of Scotland et Morgan Stanley qui prédisent l’émergence d’une crise majeure, similaire à celle des années 90, d’ici à trois mois. Ce ton alarmiste doit surtout être interprété comme une mise en garde lancée aux banquiers centraux, les appelant à mieux coopérer dans la formulation de leur politique monétaire. 

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