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Lettonie: Au revoir le lats, bienvenue l’euro!

C’est désormais officiel. En janvier 2014, la Lettonie sera le 18ème membre de l’Union Monétaire. Le pays va abandonner à cette occasion le lats, sa monnaie officielle depuis 1922, pour adopter l’euro.

Beaucoup d’investisseurs jugent cette décision avec scepticisme alors que la zone euro continue de faire l’objet de nombreuses inquiétudes, en termes de cohésion monétaire et surtout de croissance économique. La Pologne n’a pas hésité à repousser sine die son adhésion à l’euroland afin d’éviter la tempête par exemple. Surtout, il ne fait aucun doute que la Lettonie réussira certainement mieux à gérer son économie grâce à l’action de sa banque centrale que grâce à celle de la BCE qui peine déjà à faire face aux nombreuses disparités dans la zone euro. Des pays comme la Grèce ou le Portugal auraient certainement souhaité, en cette période difficile, pouvoir avoir leur propre banque centrale qui puisse s’ajuster à leur situation économique en dévaluant leur devise nationale afin de retrouver un semblant de compétitivité et de mettre un terme au cycle de récession à l’oeuvre actuellement.

Surtout, la crise des subprimes a montré que les leaders européens peinent à réagir avec efficacité et diligence lorsque la situation l’exige. Quand la crise a débuté, à Bruxelles, il était courant d’entendre dire qu’il vaut mieux ne rien faire et attendre que l’orage passe. En effet, les économistes considèrent qu’une crise économique dure en moyenne, au regard des crises passées, habituellement un an et demi. Le processus décisionnel de Bruxelles, si lourd, aurait pris deux ans pour aboutir aux premières mesures. L’inaction fut une erreur, car la crise actuelle est sans commune mesure avec celles que l’Europe a connu auparavant, mais ce mode de pensée montre bien à quel point il est difficile dans l’Union d’avancer ensemble pour faire face aux défis présents.

Pourquoi, alors, rejoindre la zone euro?

Tout d’abord, le symbole. En effet, l’intégration de la Lettonie à l’Union Monétaire consacre l’intégration pleine et entière du pays à l’Europe Occidentale après plusieurs décennies d’occupation soviétique.

Plus prosaïquement, l’adoption de l’euro devrait également avoir des avantages économiques certains avec une baisse des taux d’intérêt qui vont bénéficier à l’ensemble de l’économie lettone. Déjà, l’agence S&P a augmenté la note souveraine du pays de BBB à BBB+, ce qui va constituer un soutien certain à la croissance économique lettone.

La rationalité économique plaide également en faveur de l’adhésion puisque l’économie lettone est très ouverte et tournée vers l’exportation, avec près de 3/4 de son commerce extérieur réalisé en euros. L’adoption de la monnaie unique va donc réduire les coûts de transaction, et finalement favoriser les investissements étrangers dans le pays, comme ce fut le cas pour l’Estonie suite à son intégration à l’Union en 2011. Le pays avait connu un doublement en termes de taille de son secteur non financier en l’espace d’un an.

Cette adhésion montre que, malgré des difficultés depuis 2008, la zone euro reste pour de nombreux pays européens un objectif à court terme sérieux. C’est aussi la preuve que l’euro, contrairement à certains commentaires outre-Atlantique, a peu de chances de disparaître dans un futur proche. La devise est bien ancrée sur la scène internationale. S’il y a un problème au sein de l’Union, c’est avant tout un problème de politique et de cohésion, rien à voir directement avec la monnaie unique dont l’intérêt est évident pour de nombreux pays.
 

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