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L’euro : l’histoire d’une chute

Un titre un peu théâtral pour résumer une semaine chargée en rebondissements sur le marché des changes. Après avoir commencé la semaine sur les chapeaux de roue, en battant mardi un nouveau record au dessus du seuil symbolique de 1,60 dollar, la monnaie unique européenne a fini sa course à un niveau largement inférieur, en dessous de 1,57 dollar.

Comment expliquer un tel mouvement des taux de change en l’espace de quelques jours ? La hausse de l’euro en début de semaine s’explique essentiellement par les propos tenus par différents hauts responsables de la Banque Centrale Européenne, que ce soit le gouverneur de la Banque de France ou celui de la Banque centrale autrichienne. Ces derniers ont en effet agité le spectre d’un mouvement des taux d’intérêt dans la zone euro afin de parer à la hausse inquiétante de l’inflation, ce qui laisse béant la problématique du différentiel de taux de part et d’autre de l’Atlantique. Ces propos ont par la suite été clarifiés par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui a précisé que cela n’impliquait pas automatiquement une hausse des taux. Peu importe, le mal était déjà fait puisque l’euro a grimpé à 1,6011 dollar mardi dernier.

Par la suite, à la surprise générale, l’euro a brutalement chuté face aux principales devises alors que de nouveaux horizons lui semblaient ouverts suite au dépassement du seuil de 1,60 dollar sur le Forex. Cette détérioration s’explique par l’attitude des traders qui se sont inquiétés de la baisse surprise de l’indice IFO qui mesure le climat économique dans la première économie de la zone euro, l’Allemagne. Bien que l’indice laissait percevoir des perspectives économiques positives, les traders ont interprété ces résultats comme soulignant une détérioration de l’économie européenne. Ainsi, l’euro a atteint un plus bas à 1,5685 dollar cette semaine. La devise européenne a également pâti face au yen, en reculant à 163,50 yens.

La publication de bonnes statistiques outre-atlantique a par ailleurs soutenu le dollar dans sa remontée face à l’euro sur le Forex. Ces statistiques concernant les demandes hebdomadaires d’allocation chômage et les commandes de biens durables pour le mois de mars ont amené les cambistes à spéculer sur une possible pause dans la politique d’assouplissement monétaire de la Fed lors de sa réunion cette semaine. Si une telle décision advenait à être prise, le marché des changes l’interprèterait comme un feu vert donné pour accélérer l’achat de dollars.

Enfin, en raison de l’inflation galopante qui n’épargne que le Canada, des rumeurs se sont élevées pour prévoir un relèvement des taux de la part de la Banque du Japon, à l’instar de la Banque centrale norvégienne cette semaine, ce qui constituerait une bonne nouvelle pour les épargnants japonais.

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