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Lloyd Blankfein aura-t-il le même sort que Madoff ?

Les nuages s’épaississent de plus en plus sur la tête du géant de Wall Street, Goldman Sachs. Au cours de la semaine dernière, un rapport bipartisan rédigé par le Sénat a mis en cause directement la banque d’affaires américaine et aussi le spécialiste du trading sur les devises Deutsche Bank dans la crise des subprimes.

Ce rapport, largement commenté dans la presse américaine, n’a pas suscité pour l’instant de réaction officielle de la part de Goldman Sachs et encore moins de son président, le très polémique Lloyd Blankfein.

Le rapport a confirmé que la banque américaine avait, en toute connaissance, vendus à découvert à ses clients des actifs hypothécaires dont les dirigeants de la banque savaient pertinemment qu’ils étaient plus que douteux. Cependant, l’appât du gain jouant à plein, les dirigeants ont préféré parier sur ces actifs qui leur a permis d’augmenter leurs salaires en 2007/2008 à près de 2 millions de dollars et ce qui a permis à la banque de distribuer pour plus de 10 milliards de dollars de bonus alors, qu’au même moment, les bénéfices étaient en chute libre du fait de la crise.

Ces méthodes, très contestables, sont toutefois loin de pouvoir entraîner des poursuites judiciaires contre les dirigeants des banques incriminés. Toutefois, c’est peut-être pour un délit plus mineur que le dirigeant de Goldman Sachs pourrait tomber, à l’instar d’Al Capone qui fut finalement arrêté pour fraude fiscale. Le rapport a, en effet, détecté des contre-vérités suite aux dépositions faites sous serment des principaux dirigeants de la banque d’affaires, dont Lloyd Blankfein. Ainsi, certains experts ont souligné que le Département de la Justice pourrait poursuivre les cadres dirigeants de Goldman Sachs pour parjures, un délit mineur mais qui est très polémique outre-Atlantique.

Cependant, en raison de l’approche de la prochaine échéance électorale, il est peu probable que l’administration Obama se risque à viser une nouvelle fois Wall Street, sachant que tous les grands noms de la place arrosent aussi bien les candidats républicains que les candidats démocrates lors des élections, afin de s’assurer des soutiens de poids une fois les élections terminées.

Bien que les banques aient été accusées d’être à l’origine de la crise des subprimes, et bien que l’administration Obama ait annoncé, de manière tonitruante, son intention de s’attaquer aux dérives de Wall Street lors de son entrée en fonction, le bilan est bien maigre un an avant la prochaine présidentielle. Au final, aucun dirigeant de banque n’a été poursuivi, ni du côté de Goldman Sachs, ni du côté de Lehman Brothers. Seuls certains mécanismes frauduleux, notamment la fraude à la Ponzi menée par Madoff, ont été repérées et ont entraîné des poursuites judiciaires. Cependant, il semble peu vraisemblable que Lloyd Blankfein fasse un petit séjour sous les verrous, rejoignant ainsi l’ancien responsable de la SEC.

En Europe, le bilan n’est pas mieux. L’affaire Kerviel n’a pas entraîné une vraie mise en cause du fonctionnement des salles de marché et de la responsabilité des banques dans la gestion des actifs. Pire, outre-Rhin, les récentes accusations du Sénat américain contre Deutsche Bank, le fleuron allemand, ont été repoussées d’un revers de main.

Les intérêts mêlés des milieux financiers et des milieux politiques, aussi bien en France, aux Etats-Unis qu’en Allemagne, prévalent, encore et toujours, sur l’intérêt général.

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