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Panorama de la situation économique de la France: Faut-il craindre le pire?

Au jour d’aujourd’hui, la France se trouve dans la moyenne supérieure de la zone euro, mais on observe ces derniers temps un décrochage par rapport aux autres pays de la zone euro. L’économie française se dégrade trimestre après trimestre.

Le taux de chômage a atteint 10.4% au premier trimestre 2013 un record depuis 1998, soit 0.3 points de plus que le trimestre précédent. Selon les prévisions de l’Insee, le taux de chômage devrait continuer sa hausse mi-2013 pour atteindre 10.6%. Alors que le président français maintient son objectif d’inverser la courbe du chômage avant la fin de cette année, l’OCDE prévoit une poursuite de la hausse jusqu’en 2014, et le FMI juge difficile de parvenir à inverser la courbe.

Suite à la crise, la France n’est pas sortie victorieuse dans la bataille des parts de marché face à l’Allemagne et la Grande Bretagne. Le manque de compétitivité est un handicap important, la France est moins à l’aise dans la mondialisation en termes de flexibilité. L’attractivité de la France est en recul, le baromètre d’Ernst & Young 2013 annonce une baisse de 13% du nombre des projets d’implantations étrangères en France.
La concurrence fiscale continue d’augmenter, pendant que certains pays baissent leur fiscalité, nous l’augmentons car le gouvernement a peur de faire face à la population française. Depuis la crise, la France n’a pas compris la nécessité d’accepter des réformes drastiques et à opter pour des réformes partielles, ne reflétant pas la réalité actuelle.

La consommation des ménages français a baissé de 0.4% en 2012, c’est la deuxième plus forte baisse depuis 1949. La morosité des ménages affecte de nombreux postes de dépenses (automobile, carburant, culture, loisir). Le pouvoir d’achat est en baisse de 0.9% en 2012, pour la première fois depuis 1984, alors que les dépenses augmentent (+2.8% pour le logement et le chauffage en plus de l’inflation) portées par la hausse du prix du gaz et de l’électricité.

Le principal problème reste le déficit structurel de la France. En 2012 il est ressorti à 3.9% soit 0.3 point de plus que la prévision. Même en périodes de forte croissance, la France était en déficit, le régime de protection sociale ou de retraite n’étaient pas à l’équilibre. Il sera important de trouver un modèle économique durable qui s’équilibrera pour éviter ainsi d’être en déficit systématiquement.
La Cour des comptes a rappelé le besoin de maîtriser les dépenses et souligne la nécessité de réformes structurelles. La Commission Européenne recommande elle d’adapter les règles d’indexation, les âges minimum et de taux plein, la période de contribution et les régimes spéciaux. Elle invite aussi les autorités françaises à faire état des progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission tous les 6 mois jusqu’à ce que le déficit ait été intégralement corrigé.

Malgré ce panorama économique peu réjouissant, la France reste dans le peloton de tête de la zone euro, grâce à de nombreux atouts, notamment la forte qualification de sa main d’oeuvre et aussi l’assise de ses entreprises multinationales à travers le globe. Pour autant, le pays peine à se réformer depuis des décennies et notamment à accepter l’état de fait qu’est la mondialisation, pouvant faire craindre le pire dans les années à venir si les réformes structurelles ne sont pas mises en oeuvre. Loin d’être le mouton noir de la zone euro, la France est plutôt un empire économique sur le déclin qui, par crainte de l’avenir, préfère se remémorer ses gloires passées.
 

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