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Polémique autour des bonus des traders

Avec l’amélioration des perspectives économiques et les bons résultats des banques, publiés pour le deuxième trimestre, le scandale des bonus des traders reprend de plus belle. Accusés, parfois à tort, d’être à l’origine de la crise économique à cause de la spéculation qu’ils font sur les marchés, les traders sont devenus les bêtes noires de la finance à tel point que le G20 de Londres a évoqué leur sort. Dans tous les pays occidentaux, des législations sont à l’étude pour limiter les bonus des traders qui sont, à juste titre, parfois difficile à assumer par les banques vis à vis d’une opinion publique qui connait le chômage et les déboires de la crise.

C’est justement à cette situation qu’a à faire la banque Citigroup qui, rappelons le, a été sauvée de la faillite par le gouvernement américain à l’automne. En effet, la presse s’est faite l’écho cette semaine de la rénumération que devrait toucher l’un des employés les plus productifs du groupe. Elle se monte à 98 millions de dollars et devrait échoire à Andrew Hall, le dirigeant d’une filiale de négoce de Citigroup spécialisée dans l’énergie. Les autorités américaines ne se sont pas encore exprimées sur ce fait divers mais, connaissant la position prise depuis le début de la crise par le président Obama, il ne devrait pas tarder à réagir. Il est probable que les experts juridiques du gouvernement américain soient actuellement à l’oeuvre pour empêcher le versement de cette somme qui va mettre dans une position particulièrement inconfortable les responsables de Citigroup.

Cependant, même si les critiques peuvent être parfois justifiés sachant qu’il est inapproprié voire indécent d’exposer à la vue de gens ayant perdu leur emploi ou s’efforçant de survivre avec un salaire minimum de telles rémunérations, il convient de souligner qu’elles sont simplement le fruit d’une relation contratuelle. Le système des bonus est apparu à la fin des années 80 dans les grandes banques anglo-saxonnes avant de gagner la France.

Au delà de cas individuels qui peuvent scandaliser, le système des bonus est en fait un peu plus complexe. Généralement, les bonus ne sont pas calculés en fonction d’un résultat individuel uniquement puisque l’appréciation des résultats de l’équipe dans son ensemble entre en compte. De plus, ces bonus ne sont pas distribués uniquement aux traders mais aussi aux chefs d’équipe et de salles de marché. Les bonus touchés par les traders réprésentent un confortable coussin pour ces derniers puisqu’ils peuvent parfois être trois à cinq fois supérieur au salaire fixe. Evidemment, à côté de profils exceptionnels qui touchent des millions, la majorité touche des sommes plus raisonnables. Une grande disparité existent entre les traders, même si la presse ne se fait l’écho que de ces quelques profils atypiques qui font gronder le mécontentement dans la population.

Alors, convient-il d’éradiquer cette « course à l’échalote », pour reprendre l’expression de Christine Lagarde suite à la provision d’environ un milliard d’euros de bonus par BNP Paribas pour ses traders? En soi, il paraît indécent qu’une poignée d’individus, qui a incontestablement une responsabilité, mais moindre toutefois qu’on essaie de le faire croire, dans la crise, continue de s’enrichir. Cependant, légalement, l’Etat est incapable d’intervenir, à part en jouant d’artifices juridiques. Un contrat peut être difficilement rompu en règle générale. Souhaiter légiférer sur les bonus des traders, alors que la population réclame des têtes, n’est pas une bonne idée puisqu’il n’est pas du rôle de l’Etat d’encadrer les rémunérations, celles-ci devant faire l’objet d’un accord seulement entre l’employeur et l’employé. Alors que faire? Ce sont aux banques d’intervenir, soit en essayant de renégocier les contrats existants, ce qui devrait s’avérer presque impossible, soit en limitant à l’avenir les bonus éventuellement versés aux traders.

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