Press "Enter" to skip to content

Pourquoi les autorités politiques et monétaires aident-elles les banques et non les particuliers?

Le mouvement Occupy Wall Street l’illustre à la perfection: l’opinion publique est méfiante vis à vis des banques et du système financier. C’est que, déclencheurs de la crise de 2007, les banques se voient sauvées par les autorités. En dépit de l’opinion publique, les efforts se consacrent davantage sur le secteur bancaire plutôt que sur les particuliers, mettant en exergue l’aléa moral. Comment expliquer ce choix?

Les autorités auraient très bien pu choisir d’aider les ménages. De cette façon, l’économie aurait bénéficié de l’effet multiplicateur keynésien. En d’autres mots, il s’agirait d’investir dans l’économie. Alors, cet investissement serait reversé aux salariés de l’entreprise ou à des sous-traitants, stimulant la demande des salariés. Or, certaines entreprises constatant une hausse de la demande pourrait elles-mêmes choisir d’effectuer des investissements de capacité.

Toutefois, ce mécanisme dispose de limites. Il est efficace dans la mesure où la propension marginale à consommer est élevée, c’est-à-dire la part du revenu supplémentaire consacré à la consommation. Rappelons que cette propension doit concerner les produits nationaux ou régionaux afin de voir le cercle vertueux se mettre en place. L’autre solution pour un ménage est d’épargner, ce qui rejoint d’une certaine façon la sphère économique. La dernière solution est une sortie complète de l’économie: la thésaurisation. Ce terme désigne tout simplement le fait “d’économiser” chez soi. Ayant vent des difficultés des banques, il est possible que le ménage plutôt que d’y entreposer son épargne décide de la préserver chez lui. Enfin, le dernier inconvénient de cette politique de relance est tout simplement la peur de l’inflation: si on stimule trop fortement l’économie, il est possible que face à une demande augmentée artificiellement, cela accroisse la hausse des prix.

Alors, les autorités, plutôt que d’aider directement les particuliers, vont aider les banques qui, du début 2007 à juin 2008 ont vu leurs actifs dépréciés de 400 milliards de dollars. Les banques centrales pratiqueront notamment de bas taux d’intérêt, permettant aux institutions bancaires de garantir la liquidité à leurs clients, c’est-à-dire qu’ils pourront retirer leur argent comme ils l’entendent. D’autre part, le dispositif permettait d’éviter un credit crunch ; cette situation où les banques n’accordent que très peu de crédit, souhaitant conserver un maximum de liquidité et ne souhaitant pas prendre de risque. Enfin, aider les banques, c’est maintenir un tissu économique en l’état. En effet, à travers leurs achats d’actifs, la plupart des banques et grandes entreprises sont liées entre elles. Aussi, une banque en péril financier provoquerait d’importantes pertes au reste de l’économie.

Il est toutefois polémique d’assister le milieu bancaire qui, une fois encore, voit le prestige de sa fonction dégradé. En effet, si la crise a des racines industrielles profondes, la finance reste aux yeux de tous la source de la crise. Il est probable que la restauration du système financier ne soit qu’un premier pas vers une économie réfléchie qui apprend de ses erreurs. Pour ce faire, le gouvernement développe actuellement des pôles d’intelligence économique, une avancée considérable si elle peut tenir ses promesses.
 

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *