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Prévenir la récession outre-atlantique.

Alors que le spectre de la grande dépression des années 30 reste dans tous les esprits, le 18 Janvier dernier, le Président Bush a décidé de lancer rapidement un programme afin de réagir au ralentissement de la première économie mondiale.

Profitant d’un déficit public revenu à un niveau de 1%, la Maison Blanche devrait au total mobiliser une somme de 100 milliards de dollars pour relancer l’économie américaine.

Bien que le Président n’en a pour le moment qu’esquissé les grandes lignes, il s’agirait, selon le Wall Street Journal, d’un programme de relance devant inclure une remise d’impôt de 500 dollars par personne et des défiscalisations importantes sur les investissements des entreprises.

Ce plan, étroitement élaboré avec la participation de la Fed, a pour objectif de restaurer la confiance des consommateurs, qui n’ont plus la possibilité de mettre en gage leur logement pour se financer et qui sont très inquiets au sujet de leurs emplois, et celle des entrepreneurs.

L’idée d’une relance budgétaire a été émise en fait par deux éminents professeurs de Harvard, l’un républicain, l’autre démocrate. Le premier, Martin Feldstein, fut  le conseiller économique de Ronald Reagan et le second, Lawrence Summers, fut le dernier secrétaire au Trésor de l’Administration Clinton. Tous deux s’accordent pour un assouplissement des taux de la Fed, devant passer progressivement de 4,25% à 3% au cours de l’année en cours. Cependant, ils jugent que ce ne sera pas suffisant.

En effet, même si des taux bas tendent à alléger les charges des emprunteurs, la baisse en soi ne permet pas de dégripper le secteur comme l’a montré l’exemple japonais où la politique de taux zéro durant la décennie 90 a mis des années avant que les circuits du crédit puissent fonctionner normalement.

Au demeurant, une politique de taux bas risque de nourrir l’inflation et d’emporter le dollar dans la vague de l’argent bon marché.

Enfin, les deux experts pointent du doigt le fait que la politique monétaire laxiste d’Alan Greenspan après les attentats du 11 septembre a permis d’alimenter une bulle spéculative qui n’éclate qu’aujourd’hui. En effet, en réduisant à 1% les taux directeurs en 2003 et en promettant qu’ils ne seraient relevés que lentement, la Fed a contribué à l’envolée rapide des prix de l’immobilier et à la faiblesse actuelle du marché.

A partir de là, Feldstein et Summers préconisent de distribuer directement de l’argent aux consommateurs américains par le biais de fonds budgétaires afin de les rendre solvable de nouveau. Cette relance budgétaire et fiscale doit être rapide, ciblée et temporaire afin d’avoir des effets maximum.

Il semble en tout état de cause que l’Administration Bush et la Fed se dirigent dans cette voie. Reste à attendre le discours sur l’état de l’Union le 28 Janvier prochain pour avoir de plus amples détails sur le plan de relance.

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