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Quand la France connaissait une inflation de 5%…par jour!

L’inflation est la bête noire de tous les banquiers centraux. Après avoir longtemps cru, à tort, que la politique monétaire n’avait pas de prise sur la hausse des prix, l’évolution de la théorie économique et de la pratique des banques centrales ont mis au premier rang des priorités la lutte contre l’hyper-inflation. Ce n’est pas une surprise si, par exemple, la BCE a pour objectif principal une inflation annuelle proche de 2%, niveau qu’on juge de nos jours souhaitable pour permettre un développement économique harmonieux.

Mais, on l’a compris, une inflation autour de 2% par an ne fut pas toujours le lot quotidien. Qui se souvient encore de la période lorsque la France connaissait une hausse des prix de 5% en moyenne par jour? Les livres d’histoire n’en font guère étalage et pourtant, c’est bien ce qu’a expérimenté notre pays de mai 1795 à novembre 1796, la pire période d’hyper-inflation dans toute l’histoire récente de la France.

Elle a pour origine l’endettement très élevé du pays, grandement lié à l’aide apporté par la France pour que les Etats-Unis obtiennent leur indépendance, endettement qui s’est encore accentué quand le nouveau régime a été contraint de défendre les frontières du pays contre les forces royalistes étrangères. Pour éponger une partie de l’endettement, décision fut prise de nationaliser les biens de l’Eglise catholique et notamment ses terres. L’Eglise était, alors, une cible facile pour l’expropriation, car elle n’avait désormais que peu de soutien au niveau des instances politiques de la Révolution.

Face à l’impossibilité de vendre tout de suite les biens du Clergé, le gouvernement décida d’émettre des assignats, monnaie fiduciaire, dont la valeur nominale représentait une fraction de ces biens. Dans un contexte marqué par la Terreur, et l’accroissement des troubles, les autorités ont émis beaucoup trop d’assignats dans leur souci d’éponger le déficit public. Une autre manière de recourir à la planche à billets…De fait, la dévaluation était inévitable entraînant une hyper-inflation difficile à endiguer. Ainsi, sur la période de mai 1795 à novembre 1796, les prix doublaient quasiment tous les quinze jours en moyenne. Il faudra ensuite près de trois ans pour que l’économie finisse par se stabiliser, permettant l’apparition de nouveau à partir de 1800 des billets sous l’égide de la Banque de France.

On retiendra, pour conclure, que cet épisode noir pour la France est à relativiser si on le met en parallèle avec des évènements plus récents comme l’hyper-inflation au Zimbabwe qui a vu les prix doubler en moyenne toutes les 25 heures de mars 2007 à novembre 2008. Un cauchemar signe d’une véritable débandade économique.
 

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