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Que diable se passe-t-il sur le marché de l’emploi américain?

Vous l’avez certainement remarqué: le marché de l’emploi américain n’a enregistré que 113.000 créations d’emplois en janvier ce qui est bien en-dessous du consensus de 180.000. Mais que diable se passe-t-il sur le marché de l’emploi US?

Le détail du rapport sur l’emploi a montré que les agences gouvernementales et l’industrie de la vente au détail ont coupé dans leurs embauches tandis que ce sont les secteurs manufacturier et de la construction qui ont fourni le plus important lot de nouveaux emplois. On notera notamment près de 48.000 embauches dans la construction après la payse de décembre qui est essentiellement liée aux mauvaises conditions climatiques. A l’inverse, les grands magasins ont coupé dans leurs effectifs comme c’est souvent le cas en début d’année après des embauches à l’occasion de Noël pour faire face à l’afflux de consommateurs.

Fait qui est très intéressant, en dépit de deux mois consécutifs de créations d’emplois moins conséquentes que prévu, le taux de chômage a poursuivi son déclin et se situe maintenant à 6.6% de la population active. Seulement 40% des analystes financiers interrogés par Bloomberg s’attendaient à un mouvement dans ce sens. En d’autres termes, avec un tel taux de chômage, on se rapproche dangereusement de la cible macroéconomique de la FED.

Pas d’enthousiasme pour autant à propos des chiffres du chômage: on constate que la baisse du taux officiel est en grande partie la résultante d’une chute du taux de participation, qui évolue à ses plus bas. Ce qui signifie concrètement que de plus en plus d’Américains arrêtent de chercher un emploi et sortent automatiquement des statistiques. En France, pour qualifier ce phénomène, on parle de chômeurs découragés qui ne figurent plus dans les statistiques de Pôle Emploi.

Le problème actuel c’est de savoir si les faibles créations d’emplois vont encore perdurer dans les mois à venir ou si les données de décembre et de janvier ne sont pas significatives. Une tendance au ralentissement est-elle en train de se former? Le débat fait rage entre les analystes financiers. Une chose reste certaine en l’état actuel, la banque centrale américaine ne pourra pas faire l’économie prochainement d’un ajustement du forward guidance et devra aussi s’exprimer sur les chiffres décevants de l’emploi. Est-ce que cela augure un arrêt temporaire du retour à l’orthodoxie monétaire? Les membres du FOMC semblent confiants à propos de leur stratégie mais il faudra rester prudent car même si les Etats-Unis affichent un panorama économique meilleur que la zone euro, un ralentissement n’est jamais exclu tant la situation sur les marchés financiers est fébrile. Pour le marché des changes, cela veut dire que la forte volatilité des dernières semaines va probablement perdurer à court terme au moins.

 

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