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Que peut-on attendre de la publication de l’IPC en Europe et au Royaume-Uni ?

L’indice des prix à la consommation qui représente un excellent indicateur pour mesurer les variations générales des prix, provoque, en général, une certaine volatilité sur le marché des devises mondiales.
La publication cette semaine de l’IPC en Europe et en Grande-Bretagne est l’occasion d’établir un compte rendu de leurs politiques monétaires respectives.

Qu’est-ce que l’IPC ?
Les principales banques centrales donnent depuis maintenant plusieurs années une place particulière à la stabilité des prix, dont une trop forte volatilité a tendance à affecter les principales variables économiques. Actuellement, la plupart des banques centrales se sont fixées un objectif de 2% d’inflation leur permettant d’ajuster leurs politiques monétaires en fonction de cet objectif.  
L’IPC est donc l’indice permettant de mesurer l’évolution du niveau général des prix. Il est calculé tous les mois et va mesurer les variations de prix d’un panier de biens acheté par un échantillon représentatif de ménages. Malgré les critiques qui lui sont adressées, dont une tendance à la surestimation de l’inflation (en moyenne de 0,8 points aux Etats-Unis et 0,5 points en Europe), elle reste l’outil majeur de mesure de l’indice des prix.
On comprend donc mieux pourquoi la publication de cet indice est toujours un évènement majeur sur le forex.

L’IPC en zone Euro
Les risques déflationnistes au sein de la zone euro restent préoccupants. Avoisinant les 0,3%, l’inflation se situe toujours à un niveau beaucoup trop faible, bien loin de l’objectif de 2% fixé par la BCE. Une série de mesures ont été prises depuis cet été par Mario Draghi dans l’espoir de relancer le crédit, dont la mise en place prochainement d’un plan d’achats de titres adossés à des actifs (ABS) permettant aux banques de faciliter leurs prêts aux PME.
Les effets de ces mesures devraient cependant mettre du temps à produire un impact sur l’économie et l’idée d’un Quantitative Easing (achats de dettes souveraine) est toujours une solution à la portée de la BCE en cas de nécessité.
Vous l’avez donc bien compris, la situation économique en Europe permet difficilement d’entrevoir une hausse du niveau générale des prix dans les mois à venir. Lors de la publication jeudi prochain de l’IPC annuel (septembre), les spécialistes envisagent une stagnation de l’IPC annuel aux alentours de 0,3% et cela pendant un long moment.


L’IPC au Royaume-Uni
La situation économique du Royaume-Uni diverge complètement de son homologue européen. Avec un taux de croissance élevé (3,2%) et un taux de chômage faible (6,2%), l’économie a plus tendance à suivre le rythme imprimé par les Etats-Unis. Cependant, quelques zones d’ombres ont mis en gardes le gouverneur Mark Carney contre un resserrement prématuré de la politique monétaire. En premier lieu, le ralentissement de l’inflation (- 0,3% en juillet) qui a surpris la plupart des économistes. Enfin, malgré un taux de chômage à son plus bas niveau depuis 2008, la stagnation des salaires montre que des capacités de production sont encore inutilisées sur le marché du travail. Cette sous-utilisation des capacités conditionne tout rebond de la croissance des salaires et montre les fragilités persistantes de ce marché.
Aucune surprise n’a donc eu lieu lors de la dernière réunion de la BoE jeudi dernier, la banque centrale ayant opté pour le statu quo. Les taux directeurs ont été maintenus à 0,5% ainsi que le montant globale des actifs rachetés dans le cadre de son programme d’assouplissement monétaire.
Un nouveau ralentissement de l’inflation (baisse de 1,5% à 1,4%) est de plus attendu mardi prochain, confortant l’idée que les taux directeurs ne devraient pas être relevés de si tôt.

La confirmation d’un nouveau ralentissement de l’IPC au Royaume-Uni ne devrait donc pas permettre à la livre de récupérer ses pertes accumulées face à l’euro lors des dernières séances. En légère hausse depuis quelques jours, la paire EUR-GBP ne devrait cependant connaître que très peu de volatilité au cours de la semaine prochaine.

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